Comprendre et reconnaître ce qui fait la richesse de votre parcours
Savoir nommer et mettre en avant ses compétences transférables est devenu un enjeu crucial tant pour l’évolution professionnelle que pour la reconversion ou la recherche d’un nouvel emploi. Mais comment les distinguer de ses compétences techniques ou spécifiques à un métier ? Comment prendre conscience de leur potentiel et surtout, comment les présenter de façon efficace lors d’un entretien, sur un CV ou dans un dossier de formation ? Un point complet pour identifier, structurer et valoriser ces atouts parfois discrets… mais décisifs.
Définition des compétences transférables : ce que l’on emporte avec soi
Parler de compétences transférables, c’est évoquer l’ensemble des savoir-faire, savoir-être et connaissances générales que vous avez construits au fil de vos expériences professionnelles, personnelles ou associatives, et que vous pouvez mobiliser dans de nouveaux contextes. Contrairement aux compétences “métier” (liées à un outil, une technique ou une réglementation précise), elles correspondent à des aptitudes mobilisables dans différentes fonctions, secteurs ou environnements.
- Savoir-être : organisation, autonomie, gestion du stress, esprit d’équipe, capacité à convaincre…
- Savoir-faire généraux : gérer un projet, animer une réunion, rédiger, former ou encadrer, analyser et résoudre un problème…
- Compétences linguistiques ou informatiques de base : parler anglais, utiliser les outils bureautiques courants…
- Capacité d’apprentissage : curiosité, adaptation à de nouveaux outils ou contextes.
Elles constituent donc un véritable “socle mobile” de votre profil, qui vient enrichir chaque nouvelle étape de votre parcours.
Pourquoi les compétences transférables sont-elles si précieuses ?
Dans un monde professionnel en constante évolution, la mobilité – que ce soit entre métiers, secteurs ou même statuts – s’est considérablement accrue. Les entreprises recherchent non seulement des experts, mais surtout des collaborateurs capables de rebondir, d’apprendre vite et de s’intégrer à de nouveaux environnements.
- Changer de voie : pour une reconversion, elles sont votre “bagage de départ” et prouvent que vous n’êtes pas un débutant mais un professionnel aux ressources solides.
- Évoluer en interne : elles permettent d’élargir votre champ d’action, de postuler à d’autres services ou de vous préparer à de nouvelles responsabilités.
- Sécuriser son parcours : ces compétences servent de filet de sécurité si un métier disparaît ou subit des mutations rapides.
Savoir les repérer puis les valoriser, c’est donc accroître ses chances de réussite, de rebond et d’employabilité à long terme.
Étape 1 : Comment les identifier dans son parcours ?
La première démarche consiste à dresser un inventaire de ses expériences, pas seulement dans le monde du travail, mais aussi lors d’engagements associatifs, de missions bénévoles, de stages ou de projets personnels.
- Listez toutes vos expériences : emplois, jobs étudiants, stages, activités associatives, loisirs impliquant un engagement collectif ou organisationnel.
- Pour chacune, répondez à ces questions :
- Quelles missions précises avez-vous réalisées ?
- Quelles qualités ou aptitudes cela a-t-il exigé ?
- De quel type de public ou d’équipe s’agissait-il ?
- Quels obstacles avez-vous surmontés ?
- Recherchez les “fils rouges” : cherchez les compétences qui reviennent dans des contextes variés, ou celles que les autres reconnaissent chez vous (dynamique, rigoureux, créatif, bon pédagogue…).
Pensez à solliciter le regard de collègues, amis ou responsables de projets. Leur point de vue peut révéler des talents que vous n’aviez pas identifiés.
Étape 2 : Les grandes familles de compétences transférables
Pour mieux structurer votre analyse, voici plusieurs catégories couramment retenues par les recruteurs et conseillers en évolution professionnelle :
- Compétences en communication : écouter, argumenter, négocier, expliquer, synthétiser, animer des réunions ou groupes.
- Compétences organisationnelles : planifier, gérer les priorités, respecter des délais, coordonner une équipe.
- Compétences relationnelles : travailler en équipe, résoudre des conflits, faire preuve d’empathie, accompagner des publics variés.
- Compétences d’analyse : collecter et trier des informations, concevoir des solutions innovantes, poser un diagnostic.
- Compétences liées à l’autonomie : prendre des initiatives, apprendre de nouvelles méthodes, faire face à l’incertitude.
- Compétences numériques de base : maîtriser un tableur, organiser le partage de documents, utiliser la visio-conférence, etc.
Inspirez-vous de ces familles pour extraire des exemples concrets issus de votre parcours.
Étape 3 : Comment bien valoriser ses compétences transférables
Sur le CV : la rubrique à ne pas négliger
Dans un CV moderne, il est d’usage de réserver un espace « Compétences transversales » ou « Compétences transférables » distinct des compétences techniques. Cette rubrique, bien conçue, attire l’attention des recruteurs et crédibilise votre candidature même face à un “virage” dans votre trajectoire professionnelle.
- Citez 4 ou 5 points forts maximum, clairement formulés et adaptés au poste visé.
- Mettez en avant ceux qui répondent le mieux aux attentes du secteur ou de l’entreprise cible.
- Privilégiez les formulations actives : plutôt que « Capacité d’adaptation », optez pour « Adaptation rapide à de nouveaux outils et environnements ».
Lors de l’entretien : place aux exemples vécus
Exprimer ses compétences transférables est d’autant plus convaincant qu’on l’illustre concrètement. Préparez une ou deux anecdotes par compétence, en utilisant la méthode STAR (Situation, Tâche, Action, Résultat) :
- Situation : contexte où vous avez dû mobiliser cette compétence.
- Tâche : objectif à atteindre ou difficulté rencontrée.
- Action : ce que vous avez mis en œuvre.
- Résultat : l’impact concret et si possible mesurable.
Dans une lettre de motivation ou un dossier de formation
Valorisez vos compétences transférables pour prouver votre capacité à réussir dans un nouvel environnement, en montrant le lien entre vos acquis précédents et les enjeux du poste ou de la formation visés.
- Exemple : « Mon expérience d’animation d’équipe dans le secteur sportif m’a permis de développer des aptitudes à la gestion de conflits et à la motivation des troupes, compétences qui seront précieuses dans la conduite de projets collectifs dans le secteur de la formation. »
Travail sur soi : comment les renforcer et les illustrer ?
Les compétences transférables se développent : il ne s’agit pas seulement de dresser un “stock”, mais d’enrichir en permanence cet atout.
- Bénévolat et engagement associatif : gestion d’événements, animation de groupes, organisation de collectes…
- Formations complémentaires : ateliers de prise de parole, MOOC en gestion de projet, sessions d’écriture professionnelle.
- Projets personnels : lancer un blog, organiser un voyage, orchestrer une collecte de fonds, encadrer un atelier de loisirs, etc.
Cela prouve votre proactivité, votre capacité à sortir du cadre professionnel et à actualiser vos acquis.
Outils et ressources pour faire le point
- Bilan de compétences : structure votre réflexion grâce à l’accompagnement d’un professionnel et aboutit à une cartographie complète de vos points forts.
- Autodiagnostics gratuits en ligne : plateformes spécialisées, tests d’orientation et les outils proposés par formationconcrete.fr.
- Feedbacks externes : demandez à vos supérieurs hiérarchiques, collègues, encadrants de stage ou clients (le cas échéant) de décrire votre façon de travailler — bien souvent, ils mettront l’accent sur vos compétences différenciantes.
Les erreurs à éviter et les bons réflexes à adopter
- Sous-estimer leur valeur : il n’est pas rare de croire que seules les compétences techniques “comptent”. Pourtant, ce sont les compétences transférables qui rassurent et séduisent un recruteur lors d’un changement de métier ou de contexte.
- Rester trop vague : fuyez les termes génériques (“dynamique”, “polyvalent”) non illustrés. Privilégiez des situations concrètes et quantifiables.
- Oublier d’actualiser : à chaque nouvelle expérience, interrogez-vous : qu’est-ce que j’y ai appris qui pourrait aussi servir ailleurs ?
- Ne pas croiser les regards : profitez d’un échange avec un conseiller carrière, un alumni ou un formateur pour enrichir votre inventaire.
« Ce qui fait la solidité d’un parcours, ce n’est pas d’avoir suivi une ligne droite, mais d’avoir su transposer ses atouts et d’apprendre de chaque détour. Les compétences transférables sont le liant de nos évolutions et le terreau de nos réussites futures. »
En résumé : une pierre angulaire pour toute évolution professionnelle
Identifier et valoriser ses compétences transférables, c’est transformer chaque expérience, même éloignée de son objectif initial, en levier pour avancer, se démarquer ou rebondir. C’est aussi rassurer recruteurs, formateurs ou financeurs sur sa capacité à réussir dans un nouvel univers. Ce travail d’inventaire et d’illustration n’est pas ponctuel : il s’enrichit au fil des années, des opportunités et des remises en question. Pour aborder vos prochaines démarches sereinement, inspirez-vous de nos dossiers pratiques ou participez à nos ateliers collectifs sur formationconcrete.fr. Prenez le temps de faire ce retour sur soi, vous serez surpris de la puissance du “transférable” dans votre propre histoire.
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