Compétences & métiers

Zoom sur les métiers en tension : où sont les besoins ?

Par Maxime
5 minutes

Comprendre la notion de « métiers en tension »

Dans le paysage de l’emploi en France, certaines professions connaissent un décalage marqué entre le nombre de candidats et les postes à pourvoir. Ces métiers où l’offre d’emploi dépasse largement la demande sont qualifiés de « métiers en tension ». Ce phénomène s’accentue depuis plusieurs années, porté par des évolutions démographiques, technologiques et sociétales.

Ces secteurs en tension constituent à la fois un signal d’alerte pour les pouvoirs publics et une opportunité à saisir pour les actifs en recherche d’orientation ou de reconversion. Mais où sont ces besoins ? Sur quels métiers miser pour sécuriser son insertion professionnelle et répondre aux défis de demain ? Décryptage.


Pourquoi certains métiers deviennent-ils en tension ?

Les causes de tension sur le marché du travail sont multifactorielles :

  • Démographie : de nombreux départs à la retraite ou la croissance des besoins (santé, dépendance, numérique) créent un effet de pénurie régionale ou nationale.
  • Évolution des compétences : la transformation digitale ou technique requiert des savoir-faire nouveaux, pas encore répandus dans la population active.
  • Conditions de travail : certains métiers souffrent d’une image difficile, d’horaires contraints, de mobilité ou de salaires jugés peu attractifs.
  • Désaffection des jeunes : l’absence de vocations dans certaines filières accentue le manque de candidats, malgré une demande en hausse.

Panorama des grands secteurs en tension

Selon le ministère du Travail, Pôle emploi et les analyses sectorielles, quatre grands domaines regroupent la majorité des métiers sous tension en France :

  • BTP et travaux publics
  • Soins et santé : paramédical et médical
  • Industrie et maintenance
  • Hôtellerie-restauration, propreté et aide à la personne

Le BTP : toujours en quête de bras et de têtes

Le bâtiment et les travaux publics traversent une pénurie de main d’œuvre structurelle. Les chantiers se multiplient autour de la rénovation énergétique, des JO ou des aménagements urbains.

  • Maçons, coffreurs, chauffagistes, couvreurs : ces professionnels sont indispensables à la rénovation et à la construction. Les jeunes diplômés trouvent un poste quasi immédiatement.
  • Conducteurs de travaux, chefs de chantier : la transition écologique requiert de nouveaux profils pour piloter des équipes et intégrer les enjeux environnementaux.

La santé et l’accompagnement : un besoin vital

Entre vieillissement de la population, hausse des maladies chroniques et crise des vocations, le secteur de la santé est particulièrement affecté.

  • Aides-soignants, infirmiers, auxiliaires de vie : la demande est forte dans les hôpitaux, Ehpad et services à domicile partout en France.
  • Médecins généralistes, spécialistes : certaines zones rurales ou quartiers urbains sont qualifiés de « déserts médicaux ».
  • Pharmacie et laboratoires : les métiers de technicien et préparateur recrutent également.

Industrie et maintenance : la pénurie de techniciens

Le secteur industriel, pourtant moteur de l’économie, peine à séduire. Pourtant, la réindustrialisation et la décarbonation génèrent des milliers d’emplois.

  • Opérateurs de production, soudeurs, chaudronniers
  • Techniciens de maintenance industrielle : la robotisation et l’automatisation exigent des compétences hybrides.
  • Métiers de la métallurgie et de l’électronique

Hôtellerie-restauration et services : des recrutements massifs

La reprise touristique relance fortement ce secteur, qui connaissait déjà des shortages avant la crise sanitaire.

  • Cuisiniers, serveurs, chefs de rang : les postes restent vacants à chaque saison, notamment dans les zones touristiques.
  • Agents de propreté, auxiliaires de vie
  • Encadrement et gestion : les directeurs d’établissement ou responsables de salle sont très demandés.

Numérique, transport, logistique : la tension s’installe aussi

Au-delà des filières traditionnelles, d’autres familles professionnelles entrent dans la zone de tension en raison de la transformation des usages.

  • Informatique et web : développeurs, techniciens réseaux, experts cybersécurité sont recherchés par toutes les entreprises, donc très courtisés.
  • Conducteurs routiers, livreurs, caristes : l’essor du e-commerce et des flux logistiques accroît les besoins.
  • Métiers du nettoyage industriel, du recyclage : portés par la prise de conscience écologique.

Quels profils pour répondre à ces besoins ?

La diversité des métiers en tension offre des opportunités pour différents niveaux de diplôme et d’expérience.

  • CAP, Bac pro, alternance : dans le BTP, la restauration, la propreté, ces formations courtes placent rapidement en emploi stable.
  • Bac+2/3 en technologique ou paramédical : la filière des soins et de la maintenance industrielle valorise les BTS, BUT ou licences professionnelles.
  • Reconversion adulte : les dispositifs de VAE (validation des acquis), Pro-A ou CPF sont adaptés à ceux qui souhaitent changer de métier.

Témoignage

« Après un BTS maintenance industrielle, j’ai eu plusieurs offres d’emploi avant même d’avoir mon diplôme. Aujourd’hui, je suis référent technique dans une PME, et mes collègues recrutent en permanence. Pour qui aime résoudre des problèmes, c’est l’assurance d’un métier évolutif ! »

– Mathieu, 27 ans, Lyon

Outils et dispositifs pour s’orienter vers un métier en tension

  • Pôle emploi : le site liste les métiers les plus recherchés chaque trimestre dans chaque bassin d’emploi et propose des immersions professionnelles.
  • Campus des métiers : des filières d’excellence connectent formation et entreprises locales.
  • Formations financées : Les régions, l’État et certains organismes financent des parcours courts ou certifiants pour adultes.
  • Plateformes spécialisées : Oriane.info, France Travail, Mon Parcours Pro pour découvrir les débouchés locaux.

Le rôle clé de la formation pour répondre aux tensions

Face au manque de candidats, de nombreux acteurs proposent des passerelles vers les métiers en tension.

  • L’alternance : elle permet d’acquérir rapidement des compétences tout en étant salarié. Beaucoup d’entreprises y recourent pour anticiper le renouvellement des effectifs.
  • Formations courtes ou qualifiantes : titres professionnels, certificats de qualification. Par exemple, une formation express en conduite d’engins ou en aide à la personne permet d’intégrer rapidement le marché du travail.
  • Mobilité territoriale ou transition professionnelle : certains dispositifs (aides à la mobilité, Prime à la reconversion) facilitent le passage entre secteurs ou régions.

Chiffres-clés : l’état du marché en 2024

  • Selon Pôle emploi, plus de 60% des recrutements dans le BTP et la santé rencontrent des difficultés majeures de sourcing.
  • 9 métiers sur 10 considérés en tension sont accessibles sans expérience préalable, selon l’enquête Besoins en Main d’Œuvre (BMO).
  • Les métiers numériques affichent une croissance de +25% d’offres sur deux ans.
  • Dans l’hôtellerie-restauration, 100 000 emplois demeurent non pourvus au printemps 2024.

Quelles perspectives pour les années à venir ?

Les métiers en tension évoluent au gré des transformations économiques et sociales.

  • Transition énergétique : les techniciens du bâtiment vert, les ouvriers du renouvelable (panneaux solaires, isolation thermique) monteront en puissance.
  • Dépendance et silver economy : les auxiliaires de vie, ergothérapeutes, aides à domicile seront des piliers du maintien à domicile.
  • Cybersécurité et data : explosion des recrutements attendue, y compris chez les jeunes diplômés et autodidactes.

Pour celles et ceux en recherche d’avenir sûr, adapter son projet de formation à l’un de ces secteurs permet de maximiser l’employabilité et de construire une carrière sur la durée.


À retenir pour construire sa trajectoire dans un secteur porteur

  • Identifier les besoins locaux : les métiers en tension varient selon les régions, tenez compte de la dynamique de votre territoire.
  • Se former efficacement : alternance, VAE, formations courtes, tout est bon pour acquérir les compétences recherchées.
  • Valoriser son adaptabilité : la motivation, l’engagement et l’envie d’évoluer pèsent autant que le diplôme dans ces domaines.
  • Anticiper l’évolution des métiers : pensez aux mutations technologiques et écologiques comme moteurs d’emplois nouveaux.
  • Oser la reconversion : de nombreux dispositifs existent pour changer de voie et répondre à ces besoins durables.

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