Changer de cap sans repartir de zéro
Entrer dans une nouvelle filière en passant par une admission parallèle est devenu une voie de plus en plus stratégique pour de nombreux étudiants. Que ce soit après une déception dans son choix initial, une prise de conscience sur ses réels centres d’intérêt, ou un projet professionnel plus affirmé, les admissions parallèles offrent une seconde chance de viser un diplôme ambitieux et un secteur porteur sans recommencer à zéro.
Mais comment fonctionnent réellement ces admissions parallèles ? À qui s’adressent-elles ? Quels sont les points de vigilance et les clés de la réussite dans ce parcours souvent exigeant ? Décryptage pas à pas pour s’y retrouver et franchir le cap en toute confiance.
Comprendre les admissions parallèles : de quoi parle-t-on ?
L’admission parallèle (ou admission sur titre, admission sur dossier) permet à un étudiant déjà titulaire d’un diplôme d’accéder directement à une formation à un niveau supérieur ou équivalent, sans reprendre le cursus depuis le début. Elle intervient souvent après la première ou la deuxième année d’études supérieures, voire plus tard, selon les écoles et universités.
Les cas les plus fréquents concernent l’accès :
- aux écoles de commerce, écoles d’ingénieurs ou écoles spécialisées (paramédical, social, arts…) après un BTS, DUT, licence ou équivalent ;
- à une licence 2 ou 3 après une réorientation post-première année ;
- à des masters professionnels ou spécialisés après une licence ou un diplôme équivalent.
Le but ? Prendre un nouveau départ dans un parcours plus motivant, compatible avec son évolution ou ses nouvelles ambitions professionnelles.
À qui s’adresse ce dispositif ?
Les admissions parallèles s’adressent à un large public :
- Étudiants souhaitant changer de filière après un premier diplôme court (BTS, BUT, DEUST…)
- Titulaires de licences souhaitant s’orienter vers des écoles de spécialité ou des masters sélectifs
- Salariés en reprise d’études, en recherche de nouvelles compétences, ou en reconversion
- Étudiants étrangers détenant un diplôme reconnu équivalent
L’essentiel est de justifier d’un parcours cohérent, d’une motivation solide, et d’un niveau académique adapté aux exigences de la nouvelle formation visée.
Les grandes étapes du processus
- Identifier les passerelles possibles
Chaque établissement fixe ses propres règles d’admissibilité : niveau requis (bac+2, bac+3…), équivalence de crédits ECTS, compatibilité des spécialités ou expériences antérieures. Il est donc essentiel de lire attentivement les fiches de formation et de vérifier que votre cursus est bien accepté. - Constituer un dossier solide
La première étape concrète consiste à déposer un dossier comprenant les relevés de notes, un CV, une lettre de motivation circonstanciée, parfois des lettres de recommandation et, pour certaines filières, un projet professionnel argumenté ou un portfolio. - Se préparer aux épreuves de sélection
Les sélections se composent souvent d’une phase d’admissibilité sur dossier puis, pour les candidats retenus, d’épreuves écrites (tests de logique, culture générale, anglais, mises en situation) et d’un entretien individuel ou collectif. Certaines écoles recourent aussi à des tests en ligne ou à des entretiens vidéo différés. - Anticiper l’aménagement du parcours
L’admission parallèle peut parfois se faire « avec conditions » (cours de remise à niveau, modules spécifiques à rattraper). Veillez à bien anticiper l’organisation de votre année en fonction de ces prérequis.
Zoom sur les admissions parallèles en écoles de commerce et d’ingénieurs
Les écoles de commerce et d’ingénieurs sont pionnières dans l’ouverture de leurs cursus aux admissions parallèles. Chaque année, plusieurs milliers d’étudiants intègrent ces écoles à différents niveaux (bac+2, bac+3, parfois bac+4), via des concours spécifiques (notamment Passerelle, Tremplin, BCE, Puissance Alpha, GEIPI ou TSI selon les écoles) ou sur dossier.
La diversité des profils admis (filières techniques, universitaires, paramédicales, etc.) enrichit très concrètement la vie de ces écoles. La sélection reste néanmoins exigeante :
- Prise en compte des résultats obtenus dans le cursus précédent
- Soin apporté au projet professionnel et à la lettre de motivation
- Préparation rigoureuse des épreuves orales, axées sur la personnalité, l’ouverture d’esprit et la capacité à justifier du choix de réorientation
Des dispositifs de préparation (prépa en ligne, ateliers de coaching, témoignages d’anciens) existent pour maximiser ses chances.
Bien préparer sa réorientation : conseils pratiques
- Travailler son argumentaire : pourquoi ce changement, qu’est-ce que ce nouveau domaine m’apporte, comment mon parcours antérieur valorise mon projet ? L’entretien vise moins la récitation du CV que la cohérence de la trajectoire et la capacité à rebondir.
- Soigner la présentation du dossier : aucune faute d’orthographe, des références vérifiables, une structuration claire entre expériences, compétences, diplômes et motivations.
- Se préparer aux tests écrits : selon les écoles, des annales existent, ainsi que des tutoriels pour les épreuves de logique, synthèse ou compréhension de texte.
- Anticiper l’organisation matérielle : vérifier les dates limite, préparer les justificatifs le plus tôt possible, s’informer sur les modalités pratiques (ex : logement étudiant, aides à la mobilité, bourses de réorientation, voir notre rubrique « Financer sa formation »).
- Multiplier les retours d’expérience : forums, réseaux sociaux d’anciens diplômés, site de l’école ou de l’université visée, chaque témoignage aide à mieux se projeter dans la réalité de la réorientation.
Freins rencontrés et comment les dépasser
La réorientation par admission parallèle expose parfois à des freins psychologiques (« peur de l’échec », « stigmatisation du changement de voie ») ou pratiques : difficultés administratives, méconnaissance des passerelles existantes, adaptation à de nouvelles méthodes de travail.
- S’autoriser à changer de direction : en France comme à l’international, on reconnaît de mieux en mieux la richesse des parcours variés.
- Mobiliser les dispositifs d’accompagnement : service orientation des universités, Missions Orientation Insertion, Centres d’Information et d’Orientation, mais aussi coaching en ligne.
- Valoriser ses acquis : toute expérience, même jugée « ratée », peut être transformée en compétence à condition d’en expliciter l’apport réel et l’apprentissage tiré.
Paroles de candidats : des trajectoires singulières
« Après un BTS en assistant de gestion, j’ai réalisé que j’aspirais à une carrière plus tournée vers l’entrepreneuriat et le commerce international. J’ai tenté l’admission parallèle en école de commerce via le concours Passerelle. Cela a demandé une grosse préparation, mais aujourd’hui, je ne regrette rien : la diversité des profils dans ma promo est une vraie force, et ma première expérience me sert tous les jours ! »
— Inès, 24 ans
« J’avais commencé des études en biologie avant de me découvrir une passion pour l’informatique. Grâce à l’admission sur dossier, j’ai pu intégrer une licence informatique en L2, à condition de suivre quelques modules supplémentaires. Mes années en biologie m’aident aussi pour aborder la bio-informatique aujourd’hui. »
— Sylvain, 21 ans
Après l’admission : réussir sa réintégration
- Accepter une phase de transition : les premiers mois peuvent être intenses, le temps de s’approprier de nouvelles méthodes ou contenus. Les dispositifs de tutorat, d’accompagnement personnalisé ou de mise à niveau sont précieux.
- Élargir son réseau : s’intégrer dans la vie associative ou professionnelle de l’établissement, rejoindre des groupes d’étudiants issus des mêmes parcours, rencontrer des anciens. Le réseau joue un rôle-clé dans la prise de repères et souvent dans l’insertion professionnelle.
- Continuer à développer son projet pro : stages, alternance, missions ponctuelles permettent de confirmer ou d’affiner son orientation et de valoriser sa nouvelle « double compétence » sur le marché du travail.
Ressources à mobiliser pour sa réorientation
- Services d’orientation des universités et écoles
- Sites institutionnels (ONISEP, Étudiant.gouv, sites des écoles/campus concernés)
- Forums étudiants, groupes en ligne, réseaux de diplômés
- Conseils carrière sur formationconcrete.fr et nos dossiers dédiés à l’orientation et à la reprise d’études
À retenir pour une admission parallèle réussie
- L’admission parallèle n’est pas un « plan B » mais une véritable opportunité de rebondir et de bâtir un parcours sur-mesure.
- Patience, organisation et confiance en votre projet sont les alliés de la réussite.
- Ne pas hésiter à solliciter toute l’information disponible, à échanger avec d’anciens candidats et à vous faire accompagner.
- Oser la réorientation, c’est aussi affirmer sa capacité d’adaptation, qualité désormais très recherchée dans le monde professionnel.
Pour aller plus loin, explorez nos autres articles sur les meilleures stratégies d’orientation, les parcours d’alternance, et les conseils pour financer sa reprise d’études sur formationconcrete.fr. Chaque transition peut devenir un tremplin vers l’épanouissement professionnel… et personnel.