Écoles & diplômes

Étudier en alternance : quelle place dans les écoles supérieures ?

Par Maxime
6 minutes

Une dynamique croissante de l’alternance dans l’enseignement supérieur

Depuis plusieurs années, l’alternance connaît un essor remarquable dans le paysage de l’enseignement supérieur en France. Jadis cantonnée à certains cursus techniques ou professions réglementées, cette modalité alliant formation académique et pratique professionnelle s’étend désormais à presque toutes les voies diplômantes, des écoles d’ingénieurs aux instituts de commerce, en passant par les universités et écoles spécialisées. Mais comment l’alternance s’intègre-t-elle réellement dans les écoles supérieures ? Quels sont les enjeux, avantages et défis pour les étudiants comme pour les établissements ?


L’alternance, mode d’emploi dans le supérieur

L’alternance désigne le fait de suivre une formation tout en exerçant, en parallèle, une activité salariée en entreprise selon un rythme prédéfini. Deux dispositifs principaux coexistent :

  • Le contrat d’apprentissage : réservé aux jeunes de 16 à 29 ans (voire au-delà dans certains cas particuliers), visant avant tout l’obtention d’un diplôme reconnu par l’État.
  • Le contrat de professionnalisation : ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans ainsi qu’aux demandeurs d’emploi, il cible l’acquisition de compétences professionnelles précises et favorise l’insertion ou la réinsertion sur le marché du travail.

Dans le supérieur, ces contrats s’appliquent à des formations allant du BTS et du DUT jusqu’au master, diplôme d’ingénieur ou d’école de commerce.


Une offre de formation toujours plus étoffée

L’alternance n’est plus réservée à un nombre restreint de filières. Aujourd’hui, nombre d’écoles supérieures ouvrent des places en alternance, y compris dans des secteurs historiquement éloignés du monde professionnel dès la formation initiale, comme la communication culturelle, le commerce international ou la gestion de projets informatiques.

  • De plus en plus de cursus généralistes (licences, masters universitaires) intègrent des options ou des parcours en alternance.
  • Les grandes écoles — commerce comme ingénieurs — réservent des voies spécifiques ou permettent de basculer en alternance sur tout ou partie de leur cycle.

Selon les dernières données du Ministère de l’Enseignement supérieur, la part d’étudiants en alternance dans l’enseignement supérieur français a dépassé les 500 000 en 2022, soit près d’1 étudiant sur 8.


Pourquoi l’alternance séduit-elle autant les étudiants ?

  • L’immersion professionnelle anticipée : Dès la première année d’études supérieures ou lors d’un cycle long (master, ingénieur), l’alternant met en pratique les compétences étudiées et découvre de façon concrète les réalités du monde professionnel.
  • Une voie vers l’autonomie financière : Le contrat d’alternance est un vrai contrat de travail, conférant un salaire chaque mois. C’est souvent un levier décisif pour accéder à certaines formations ou financer son logement, ses déplacements…
  • L’accès facilité au marché du travail : Les taux d’insertion à six mois après le diplôme sont nettement supérieurs pour les étudiants passés par l’alternance : plus de 70% d’entre eux trouvent un emploi dès la sortie.
  • La valorisation de l’expérience : Pour de nombreux recruteurs, avoir mené de front études et responsabilité en entreprise constitue un atout significatif. L’alternance forge la polyvalence, l’adaptabilité et la gestion du temps.

Comment les écoles supérieures organisent-elles l’alternance ?

S’inscrire en alternance ne signifie pas suivre les mêmes cours que les étudiants en formation initiale pure, au détail près du rythme. La répartition entre enseignement académique et présence en entreprise se fait selon des calendriers adaptés :

  • 1 semaine à l’école / 1 semaine en entreprise 15 jours - 15 jours, ou des formats plus longs comme 3 jours d’école pour 2 jours en entreprise, ou encore plusieurs mois consécutifs dans l’un puis dans l’autre.
  • Des modules spécifiques, conçus pour faciliter le retour en entreprise et le suivi régulier du projet professionnel.

Les écoles supérieures mettent à disposition des référents pédagogiques et des tuteurs pour accompagner les alternants dans leur progression, en veillant à la cohérence et à la complémentarité des apports reçus à l’école et sur le terrain professionnel.


Les atouts pour les écoles et les entreprises partenaires

En développant l’alternance, les établissements supérieurs y gagnent en attractivité et en lien avec le tissu économique local ou national. Ils peuvent :

  • Répondre aux besoins des entreprises confrontées à des pénuries de profils qualifiés et à des enjeux d’adaptation rapide aux évolutions sectorielles.
  • Renouveler leurs contenus pédagogiques au plus près des pratiques réelles.
  • Favoriser la diversité des publics et des parcours, grâce à la démocratisation de l’accès aux diplômes.

Pour les entreprises, intégrer un alternant représente aussi un investissement : c’est un moyen de repérer, former et fidéliser de futurs collaborateurs, tout en bénéficiant d’un regard neuf sur des missions concrètes.


Les défis et points de vigilance de l’alternance en école supérieure

Si elle offre de réels bénéfices, l’alternance n’est pas exempte de défis pour l’étudiant comme pour l’établissement :

  • Intensité du rythme : jongler entre exigences académiques, délais en entreprise et périodes d’examens exige rigueur et organisation.
  • Recherche de contrat complexe : trouver une entreprise d’accueil n’est pas automatique, même dans les secteurs porteurs. L’accompagnement de l’école et l’activation de son réseau deviennent déterminants.
  • Équilibre pédagogique : il est crucial que l’alternance ne soit pas réduite à de l’exécution en entreprise au détriment de l’acquisition de compétences ou de connaissances approfondies.
  • Statut parfois isolé : l’alternant peut se sentir en décalage par rapport aux étudiants en formation classique (disponibilité réduite pour les activités associatives ou vie de campus).

L’alternance est-elle ouverte à tous les profils et cursus ?

La tendance est à la généralisation, mais toutes les filières du supérieur ne proposent pas forcément l’alternance sur l’ensemble du cursus. Certaines disciplines, par exemple les sciences fondamentales ou la recherche, restent peu concernées. Et pour candidater, il faut généralement :

  • Remplir les prérequis académiques du diplôme visé.
  • Montrer motivation et maturité vis-à-vis du rythme alternant.
  • Signer un contrat de travail avec une entreprise (avant la rentrée dans la majorité des cas).

Des dispositifs spécifiques existent pour les publics en reconversion, les sportifs de haut niveau ou les étudiants en situation de handicap.


Témoignage

« Après deux ans de licence de gestion classique, je cherchais plus de concret et d’indépendance financière. Je me suis lancée dans une licence professionnelle en alternance. Au début, le rythme était intense, mais j’ai pu appliquer mes cours directement dans mon entreprise. Résultat : j’ai signé un CDI avant la remise du diplôme. L’alternance, c’est exigeant, mais on en sort grandi. »

— Raphaël, 24 ans, diplômé d’une école de commerce

Alternance et poursuites d’études : quelles passerelles possibles ?

Contrairement à certains préjugés, effectuer un cursus en alternance n’enferme pas l’étudiant dans le secteur privé ou une entreprise d’accueil. La majorité des diplômés poursuivent des études supérieures (rejoindre un master, un grade MSc ou un diplôme d’ingénieur, parfois même retourner vers la recherche avec un « master alternant »).

Les parcours atypiques (BTS en alternance puis intégration sur titre en école d’ingénieur ou de commerce, par exemple) sont chaque année plus nombreux et de mieux en mieux valorisés par les jurys d’admission. La qualité de l’expérience acquise en entreprise peut même faire la différence pour des sélections exigeantes.


Comment maximiser les chances de réussite en alternance ?

  • Anticiper très tôt la recherche d’une entreprise (idéalement dès janvier pour une rentrée en septembre).
  • Soigner lettre de motivation et CV, valoriser les expériences, stages, projets… même associatifs.
  • Se renseigner auprès du service des relations entreprises de son école, qui peut proposer des offres ciblées et préparer aux entretiens.
  • Bien s’informer sur les droits et devoirs de l’alternant : planning, salaire, congés, accompagnement, mission confiée…
  • Entretenir la communication avec l’équipe pédagogique et faire des points réguliers sur l’avancement en entreprise.

À retenir

  • L’alternance est devenue une modalité d’excellence dans la plupart des écoles supérieures françaises, valorisée à la fois par les établissements, les employeurs et le marché de l’emploi.
  • Elle combine formation académique et expérience professionnelle, permettant d’accélérer l’accès à l’emploi ou de s’ouvrir une poursuite d’études ambitieuse.
  • La réussite suppose une forte capacité d’organisation, d’autonomie, et l’activation de l’ensemble des dispositifs d’accompagnement disponibles.
  • Pour explorer en détail les opportunités, modalités et ressources liées à l’alternance, découvrez nos dossiers dédiés dans la rubrique Alternance & stage sur formationconcrete.fr.

L’alternance n’est donc plus une voie parallèle, mais une composante à part entière du supérieur, reflet des nouveaux besoins de la société et du monde économique.

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