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Le label RNCP : pourquoi ce classement est-il important pour un diplôme ?

Par Maxime
5 minutes

Comprendre la valeur d’un diplôme reconnu officiellement

Dans le paysage des formations en France, un sigle s’impose sur bon nombre de brochures et de sites d’écoles : « RNCP ». Apposé à la suite d’un cursus ou d’un titre professionnel, il n’est pas toujours bien compris du public. Pourtant, le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) joue un rôle clé dans la reconnaissance officielle d’un diplôme ou d’une certification. Pourquoi ce label est-il gage de qualité ? En quoi influe-t-il sur l’employabilité, le financement et la reconnaissance de vos études ? Éclairages essentiels pour s’y retrouver.

Le RNCP, qu’est-ce que c’est au juste ?

Créé en 2002 et administré aujourd’hui par France Compétences, le RNCP recense l’ensemble des diplômes, titres et certifications ayant une valeur professionnelle reconnue sur le territoire national. Son rôle : garantir que chaque certification correspond réellement à des compétences et des métiers identifiés sur le marché du travail.

  • Il s’agit d’une base de données publique, accessible à tous (étudiants, salariés, entreprises, organismes de formation…).
  • Y sont inscrits aussi bien des diplômes d’État (CAP, bac pro, BTS, licences, masters, titres d’ingénieur…) que des titres professionnels délivrés par des écoles privées ou les branches professionnelles.
  • Chaque certification RNCP est classée par niveau : du niveau 3 (CAP) jusqu’au niveau 8 (doctorat).

Un organisme qui veut voir l’une de ses certifications inscrite au RNCP doit monter un dossier détaillé, prouver l’adéquation de la formation aux besoins des employeurs et faire valider le tout par une commission d’experts.

Un gage de crédibilité et de reconnaissance auprès des employeurs

Obtenir un diplôme ou un titre RNCP, c’est décrocher une certification officiellement reconnue par l’État et le monde professionnel. Ce label devient aujourd’hui un critère incontournable pour l’employabilité :

  • Les employeurs savent ce que « vaut » le diplôme : il atteste de compétences vérifiées, pour un métier précis.
  • De nombreuses offres d’emploi mentionnent expressément la possession d’un titre RNCP comme condition d’accès.
  • Grâce à la nomenclature par niveau, les DRH peuvent comparer des profils venus de cursus différents, mais dont la qualification reste claire.

Exemple : un bachelor d’école privée non inscrit au RNCP sera considéré comme « hors système » et souvent moins valorisé qu’un titre reconnu au même niveau.

Le label RNCP, une clé pour accéder à certains droits

Au-delà de l’employabilité, la labellisation RNCP a des conséquences concrètes pour le parcours étudiant ou professionnel :

  • Financement : seules les formations enregistrées au RNCP sont finançables par le CPF (Compte Personnel de Formation), par l’alternance (apprentissage ou contrat pro), ou parfois par Pôle emploi.
  • Poursuite d’études : un diplôme non reconnu RNCP peut empêcher une inscription en master, une VAE (validation des acquis de l’expérience) ou la présentation à un concours réservé à certains niveaux de qualification.
  • Mobilité internationale : avec l’harmonisation européenne (le « Niveau » RNCP rejoint le cadre européen des certifications), un diplôme reconnu facilite la reconnaissance hors des frontières.

En clair : choisir un cursus labellisé RNCP, c’est éviter les mauvaises surprises lors du financement, de l’évolution professionnelle ou de la reprise d’études.

Comment une formation obtient-elle le label RNCP ?

L’inscription au RNCP est un processus exigeant. Les établissements doivent prouver que la formation répond à des besoins concrets en compétences et débouche sur une réelle insertion professionnelle. Le dossier se compose :

  • Des fiches métiers visées, des enquêtes d’insertion à 6 mois ou 2 ans, des référentiels de compétences et d’évaluation, ainsi que des partenariats avec les entreprises.
  • Le tout est examiné par une commission placée sous l’égide de France Compétences (où siègent État, syndicats, branches professionnelles).
  • L’enregistrement est accordé pour une durée limitée (souvent 5 ans), puis doit être renouvelé après une nouvelle évaluation.

À noter : certaines formations bénéficient de la « reconnaissance automatique » (universités, grandes écoles, BTS, titres pro du ministère du Travail), d’autres doivent justifier leur valeur par une procédure spécifique.

Les niveaux RNCP : une boussole pour s’orienter

Le classement par niveau RNCP permet de situer clairement chaque diplôme dans la hiérarchie des certifications françaises et européennes :

  • Niveau 3 : CAP, BEP
  • Niveau 4 : Bac, BP
  • Niveau 5 : Bac+2 (BTS, DUT, DEUST)
  • Niveau 6 : Bac+3/4 (licence, bachelor, BUT)
  • Niveau 7 : Bac+5 (master, diplômes d’ingénieur, RNCP niveau I)
  • Niveau 8 : Doctorat

Beaucoup d’employeurs ou de services RH ne connaissent pas à fond tous les diplômes ; ce repère simplifié permet de comparer facilement les candidatures, qu’elles relèvent d’une filière professionnelle ou académique.

Quels risques à choisir une formation non RNCP ?

Le marché regorge aujourd’hui de formations certifiantes ou qualifiantes, parfois très attractives sur le papier. Mais une formation non inscrite au RNCP présente plusieurs risques :

  • Aucune reconnaissance officielle : impossible de faire valoir le diplôme dans la fonction publique, pour un concours, un CPF ou un contrat d’alternance.
  • Frein en cas de poursuite d’études : beaucoup de masters ou licences refusent l’accès à ceux qui possèdent des titres « hors RNCP ».
  • Moindre transparence sur les débouchés : aucun contrôle public ne vient attester que la formation répond vraiment à l’attente du secteur ou au besoin en compétences.
« J’ai suivi une formation de webmarketer dans une école privée qui ne possédait pas de titre RNCP. Malgré les promesses, aucun employeur ne connaissait ce diplôme : impossible de décrocher un entretien, mon dossier n’a pas été accepté pour un master, et je n’ai pas pu activer mon compte CPF pour me perfectionner. Une vraie galère... »

– Paul, 27 ans, Paris

Comment vérifier qu’une certification est bien reconnue ?

Avant de signer pour une formation, un simple réflexe : vérifier qu’elle figure bien dans le RNCP ou qu’elle délivre un diplôme d’État. Pour cela :

  • Consultez le site francecompetences.fr : recherchez le nom exact du diplôme, le nom de l’école ou le numéro de fiche RNCP.
  • Attention aux intitulés « certificat professionnel », « diplôme d’école » ou « bachelor » qui ne sont pas systématiquement reconnus : seul le RNCP ou un diplôme d’État garantit la qualité du titre.

Quelques exemples concrets d’impact

  • Pour un BTS ou un BUT : Demander une admission en licence pro ou en école d’ingénieurs après un diplôme non RNCP sera très difficile.
  • Pour un bachelor : Les bachelors RNCP sont éligibles à l’alternance, les autres non. Certains bachelors d’écoles de commerce françaises ne correspondent à aucun niveau RNCP… prudence dans vos choix.
  • Pour la VAE : Seuls les diplômes ou titres RNCP sont accessibles en validation des acquis de l’expérience, permettant, par exemple, à un salarié d’obtenir le même titre qu’en formation initiale.

Pourquoi les entreprises font-elles confiance au RNCP ?

Les employeurs apprécient le référentiel RNCP car il s’appuie sur des compétences réelles attendues en entreprise, souvent co-construites avec les branches professionnelles et les fédérations sectorielles. Un titre RNCP garantit :

  • Des compétences validées par la pratique, pas uniquement de la théorie.
  • Un référentiel d’évaluation, qui évite les incertitudes sur le niveau de l’élève ou du salarié certifié.
  • L’adéquation entre le contenu de la formation et le métier visé (fiches métiers jointes au dossier de chaque certification).

Cette lisibilité profite autant aux jeunes diplômés qu’aux salariés en reconversion ou en montée en compétences.

À retenir : bien choisir sa formation grâce au RNCP

  • Le RNCP est le principal gage de fiabilité d’une formation française à visée professionnelle.
  • Il conditionne la reconnaissance en entreprise, l’accès au financement, à l’alternance et à la poursuite d’études.
  • Méfiez-vous des titres ou diplômes qui n’affichent pas clairement leur niveau RNCP.
  • Interrogez systématiquement France Compétences pour vérifier toute promesse d’une école ou d’un organisme.

Pour aller plus loin sur l’orientation, le choix d’un cursus sécurisé ou la préparation d’une reconversion, retrouvez sur formationconcrete.fr tous nos conseils pratiques sur la reconnaissance des diplômes, la VAE, le financement et la préparation des dossiers RNCP.

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