Financer sa formation

Alternance : quels avantages financiers pour se former ?

Par Maxime
6 minutes

L’alternance : une voie d’excellence et d’autonomie


La formation en alternance séduit de plus en plus de jeunes et de personnes en reconversion, et pour cause : elle associe un enseignement théorique à une immersion en entreprise, tout en offrant une rémunération et de véritables avantages financiers. À l’heure où les études supérieures représentent un investissement important, l’alternance apparaît comme une solution équilibrée, permettant de se former concrètement sans s’endetter. Quels sont précisément les avantages pécuniaires de ce dispositif ? Panorama complet pour mieux comprendre les atouts de l’alternance, du CAP au master.


Un double statut : étudiant et salarié


En choisissant l’alternance, on adopte un statut hybride, à la fois étudiant et salarié. Cet équilibre procure une vraie indépendance financière, souvent inaccessible dans un parcours classique. L’alternant signe un contrat de travail avec l’entreprise d’accueil (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation), reçoit une rémunération mensuelle, bénéficie de droits similaires à ceux des autres salariés (congés payés, protection sociale) tout en continuant à bénéficier de tous les services ouverts aux étudiants. Un avantage immédiat, qui change le rapport aux études dès la première rentrée.


La rémunération d’alternance : combien gagne-t-on réellement ?


Le premier avantage financier de l’alternance est la rémunération. Son montant varie selon plusieurs critères :

  • L’âge de l’alternant
  • Son niveau d’études ou d’ancienneté dans le cursus
  • Le type de contrat : apprentissage ou professionnalisation

En 2024, pour un apprenti, la grille est la suivante :


  • Moins de 18 ans : de 27 à 43 % du SMIC (soit entre environ 467 et 744 euros nets par mois pour une première année)
  • 18 à 20 ans : de 43 à 54 % du SMIC (environ 744 à 936 euros nets)
  • 21 à 25 ans : de 53 à 78 % du SMIC (environ 918 à 1351 euros nets)
  • 26 ans et plus : au minimum le SMIC, voire plus si la convention collective l’impose (1 398 euros nets ou davantage)

Pour le contrat de professionnalisation, la rémunération est légèrement supérieure pour les plus de 21 ans et peut s’élever à 100 % du SMIC, voire plus selon l’accord d’entreprise.


À noter : ces montants augmentent souvent à chaque nouvelle année d’alternance, ce qui permet de meilleures perspectives d’autonomie au fil du cursus.


Gratuité des frais de scolarité : une économie qui compte


L’un des avantages les plus méconnus de l’alternance est la prise en charge intégrale de la formation par l’entreprise d’accueil et son organisme de financement (OPCO). Que l’on prépare un BTS, une licence pro, un master, un CAP ou même des titres professionnels, les frais de scolarité sont 100 % couverts : pas de droits d’inscription, ni de frais de cursus, quelle que soit l’école ou l’université (même en établissement privé ou école supérieure technique). Un soulagement considérable lorsqu’on sait que certains cursus peuvent coûter plusieurs milliers d’euros par an.


Protection sociale complète et droits aux aides


L’alternant bénéficie d’une couverture sociale complète (maladie, accident du travail, retraite), identique à celle des salariés classiques. Il n’a donc plus à s’acquitter de la cotisation à la Sécurité sociale étudiante ou d’une mutuelle coûteuse.


De plus, il peut ouvrir droit, selon sa situation, à diverses aides sociales complémentaires :

  • APL (Aide Personnalisée au Logement) pour le logement
  • Suppression de la taxe d’habitation dans la plupart des cas
  • Tarifs réduits pour les transports en commun, la restauration universitaire, l’accès à la culture
  • Bénéfice de la prime d’activité sous conditions de revenus cumulés
  • Éligibilité à certaines bourses régionales ou à des bourses d’excellence, selon le cursus suivi

Autonomie réelle et valorisation sur le marché du travail


Les gains perçus chaque mois ne sont pas seulement un complément : pour beaucoup, ils permettent de financer en partie ou en totalité :

  • Le logement (studio ou colocation)
  • Les transports jusqu’au centre de formation ou à l’entreprise
  • Les frais de vie courante et l’équipement informatique
  • Des frais d’installation (assurances, caution, charges…)

Ce « coup de pouce » financier présente un atout psychologique essentiel : il apprend à gérer un budget, à anticiper des dépenses et à goûter à une première forme d’indépendance financière, tout en valorisant une expérience professionnelle qui augmente l’employabilité. Près de 7 alternants sur 10 reçoivent une proposition d’emploi à l’issue de leur formation, soit un bénéfice économique différé qui ne se dément pas année après année.


Des aides et dispositifs complémentaires selon les régions et filières


Au-delà des revenus de base, les régions et collectivités territoriales mettent en place des dispositifs spécifiques (primes à la mobilité, aide au permis de conduire, chèque équipement, accompagnement logement, etc.) qui renforcent l’attractivité de l’alternance. Certaines branches professionnelles apportent aussi leur soutien pour l’équipement, les transports ou les études à distance, selon le secteur d’activité.


  • Prime d’entrée en apprentissage : jusqu’à 500 euros pour les primo-entrants dans de nombreuses régions
  • Aides à l’équipement professionnel : vêtements, outillage, ordinateur, manuels spécialisés
  • Soutiens à la mobilité géographique pour ceux qui effectuent leur alternance loin de leur domicile familial

Un conseil : pensez à contacter le Conseil Régional, la Mission Locale ou le CFA pour faire le tour des dispositifs auxquels vous êtes éligible dès la signature de votre contrat.


Les avantages fiscaux : impôt et économie réelle


Autre bonne nouvelle : la rémunération des alternants est exonérée d’impôt sur le revenu (dans la limite du montant annuel du SMIC, soit un peu plus de 20 966 euros en 2024). Concrètement, cela signifie que la somme touchée ne sera pas taxée, sauf pour la fraction qui dépasserait ce plafond, ce qui reste rare pour les jeunes en début de carrière. Pour les familles, cette situation permet aussi de maintenir le rattachement fiscal de l’enfant et d’optimiser les allocations familiales le cas échéant.


Enfin, l’alternance évite de contracter un prêt étudiant ou de s’endetter pour financer ses études, tout en permettant, pour certains, de préparer sereinement une première mise de côté en vue de futurs projets : permis, voyage, installation…


Formation continue, reconversion : l’alternance n’est pas réservée aux jeunes


L’alternance n’est pas l’apanage des moins de 26 ans. Les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion peuvent opter pour le contrat de professionnalisation, avec à la clé une rémunération valorisée et une prise en charge de la formation. Divers mécanismes d’incitation à l’embauche (primes à l’employeur, accompagnement personnalisé) facilitent le retour à l’emploi et la montée en compétences des adultes, sans sacrifier leurs revenus pendant la période de formation. L’État, l’OPCO ou Pôle Emploi participent souvent à ces montages financiers, permettant ainsi de sécuriser la transition professionnelle.


L’alternance, un investissement gagnant ? Étude de cas chiffrée


Prenons l’exemple d’un étudiant en BTS alternance, âgé de 20 ans. En 2024, il gagne environ 930 euros nets par mois, soit près de 11 160 euros sur l’année. À cela s’ajoute la gratuité des deux ans de scolarité (en moyenne, 2 500 à 4 000 euros/an en école privée), soit une économie immédiate de 5 000 à 8 000 euros au total. Après deux ans :

  • Rémunération perçue : environ 22 000 euros nets
  • Frais de formation économisés : 5 000 à 8 000 euros
  • Éventuelles aides régionales et allocations : jusque 1 000 euros supplémentaires

Par rapport à une formation classique, la différence financière est flagrante. L’alternant démarre sa vie active sans dette, avec une expérience valorisante sur le CV, un réseau professionnel établi... et parfois, de véritables économies.


Conseils pratiques pour optimiser ses avantages


  • Négocier la rémunération : Certaines conventions sectorielles autorisent des salaires supérieurs au minimum légal : renseignez-vous !
  • Profiter de la mutuelle de l’entreprise s’il s’agit d’un contrat de professionnalisation
  • Demander toutes les aides disponibles : primes régionales, primes de mobilité, abonnement transport
  • Prendre rendez-vous avec un conseiller d’orientation ou une mission locale pour anticiper les démarches administratives et optimiser sa situation

Pour conclure : choisir l’alternance, c’est préparer son avenir sans sacrifier ses finances


Loin d’être un simple « emploi étudiant », l’alternance est d’abord un formidable tremplin, offrant une formation de qualité adaptée aux besoins du marché du travail, une rémunération régulière, une expérience professionnelle précieuse et de multiples dispositifs d’accompagnement. Opter pour l’alternance, c’est acquérir plus qu’un diplôme : c’est prendre son envol vers l’indépendance financière et la maturité professionnelle. Et si c’était la bonne solution pour (se) former concrètement, sans se ruiner ?


Pour en savoir plus sur les dispositifs de financement, les grilles de rémunération à jour et les témoignages d’alternants, rendez-vous sur formationconcrete.fr pour nos guides détaillés et nos fiches pratiques par secteur.

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