Financer sa formation quand on est auto-entrepreneur : solutions et conseils
Les auto-entrepreneurs face à la question du financement de leur formation
Se former régulièrement n’est plus une option pour les indépendants : évoluer dans son secteur, s’adapter à la concurrence, ajouter une corde à son arc ou monter en compétence pour répondre aux nouveaux besoins des clients… Mais lorsque la souplesse et la liberté de l’auto-entrepreneuriat impliquent aussi de s’auto-financer, la marche semble parfois haute. Comment boucler le budget d’une formation en tant qu’auto-entrepreneur ? Existe-t-il des aides spécifiques quand on n’est ni salarié ni demandeur d’emploi ? Tour d’horizon pratique pour ne pas renoncer à apprendre.
Comprendre la formation professionnelle pour les indépendants
Tout auto-entrepreneur, quelle que soit sa branche (artisan, commerçant, profession libérale…), a le droit de se former tout au long de sa vie professionnelle. Mieux : depuis 2011, il cotise, comme tout professionnel, à un fonds de formation via la « Contribution à la Formation Professionnelle » (CFP) collectée annuellement par l’URSSAF. Cette contribution ouvre droit à des financements auprès d’organismes chargés de redistribuer les fonds selon le secteur d’activité.
Le principe à retenir : en étant à jour de ses cotisations et de son chiffre d’affaires, l’auto-entrepreneur peut donc bénéficier d’aides, mais leur accessibilité varie en fonction de sa catégorie professionnelle.
Quels organismes financent la formation des auto-entrepreneurs ?
Il existe plusieurs organismes dédiés, en fonction de la nature de l’activité exercée :
- FIFPL : Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux, pour la majorité des professions libérales non réglementées (consultant, coach, graphiste, formateur, etc.).
- AGEFICE : Association de Gestion du Financement de la Formation des Chefs d’Entreprise, pour les commerçants, dirigeants non-salariés du commerce, des services et de l’industrie.
- FAFCEA : Fonds d’Assurance Formation des Chefs d’Entreprise Artisanale, réservé aux artisans inscrits au Répertoire des Métiers.
- CPNEFP de l’auto-entrepreneuriat : pour certains cas spécifiques ou activités mixtes.
À chaque organisme ses propres règles : plafond de prise en charge, types de formation éligibles, modalités de remboursement, etc.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) : une solution pour les auto-entrepreneurs ?
Depuis 2018, le CPF (Compte Personnel de Formation) est accessible aux entrepreneurs individuels, y compris aux auto-entrepreneurs, à condition d’avoir exercé une activité générant du chiffre d’affaires. Chaque année, en fonction des revenus déclarés, une somme (en euros) est créditée automatiquement sur le compte CPF. Ce solde est ensuite utilisable pour financer de nombreuses formations certifiantes, éligibles via la plateforme MonCompteFormation.
- Le montant crédité dépend du chiffre d’affaires annuel réalisé et ne sera généralement pas aussi élevé que pour un salarié en temps plein, mais ce cumul sur plusieurs années peut représenter une aide significative.
- Le CPF permet de financer des formations très variées : compétences numériques, langues, permis B, gestion d’entreprise, compétences commerciales…
Quelles formations sont prises en charge ? Attention à bien choisir !
Les fonds professionnels (FIFPL, AGEFICE, FAFCEA…) ne financent que certaines formations, censées être en lien avec le cœur de métier ou le développement de l’activité :
- Formations métiers : perfectionnement ou acquisition de nouvelles compétences directement utiles pour votre activité.
- Formations réglementaires : formation hygiène, formation sécurité, veille obligatoire…
- Formations transversales : gestion, comptabilité, fiscalité, numérique, développement commercial.
Les catalogues d’éligibilité sont régulièrement actualisés : il est vivement conseillé de vérifier auprès de votre organisme la conformité de la formation envisagée avant toute inscription, sous peine de voir le remboursement refusé.
Le fonctionnement du remboursement ou de la prise en charge
Contrairement au salarié, l’auto-entrepreneur doit généralement avancer les frais de formation puis transmettre une demande de remboursement (accompagnée de justificatifs) à son organisme financeur.
- Vérifier l’éligibilité préalable de la formation et du centre de formation (certification Qualiopi exigée).
- Constituer le dossier de demande de financement avant le début de la session.
- Payer la formation et suivre le stage ou la formation.
- Adresser la facture acquittée, l’attestation de présence et tous documents requis à l’organisme financeur.
- Attendre le remboursement, qui intervient en général sous 1 à 3 mois.
À noter : dans certains cas (formations prioritaires ou selon le budget du fonds), une prise en charge directe peut être envisagée, évitant l’avance totale des frais.
Quels montants financiers espérer ?
Le montant remboursé aux auto-entrepreneurs dépend de plusieurs critères : fonds de formation, nature de l’action, durée de la formation et disponibles du budget annuel.
- FIFPL : Plafond annuel autour de 500 à 1200 € selon la profession et le type de formation.
- AGEFICE : Environ 1400 € par an sur présentation d’un dossier validé, sous réserve de crédits disponibles.
- FAFCEA : 50 à 100 % du coût des formations techniques ou transversales priorisées pour les artisans.
Le CPF, quant à lui, est plafonné à 500 € par an (pour un indépendant à taux plein), cumulable et mobilisable en quelques clics.
Et si on veut se reconvertir ou obtenir un diplôme ?
L’auto-entrepreneur peut aussi accéder à certaines reconversions ou titres/certifications via :
- La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) : valoriser son expérience pour obtenir tout ou partie d’un diplôme équivalent.
- Les dispositifs régionaux ou aides ponctuelles (bourses, chèques formation, aides de Pôle emploi dans le cas d’une cessation/reprise d’activité…)
Le CPF s’avère particulièrement utile dès lors que le projet concerne une certification reconnue, un diplôme ou une validation de compétences clefs (santé, sécurité, bureautique, langues, etc.).
Bonnes pratiques pour optimiser vos chances de prise en charge
- Contactez votre fonds de formation en amont, exposez votre projet et demandez la liste exacte des pièces à fournir.
- Privilégiez des centres de formation certifiés Qualiopi, condition désormais obligatoire pour le financement public ou mutualisé.
- Pensez à combiner plusieurs sources de financement : CPF + FIFPL, ou aide régionale + AGEFICE, selon les cas.
- Surveillez vos plafonds : une formation à 2000 euros ne sera pas totalement remboursée si la prise en charge est limitée à 800 euros annuels.
- Anticipez : chaque organisme fixe ses propres dates d’ouverture/fermeture de dossiers, parfois selon l’épuisement du fonds annuel.
Certains organismes accompagnent également les porteurs de projet ou futurs indépendants dans le choix des formations et le montage du dossier : sollicitez la Chambre des Métiers, la CCI ou des réseaux d’accompagnement spécialisés pour maximiser vos chances.
Focus : Top 5 des formations les plus financées chez les auto-entrepreneurs
- Comptabilité et gestion administrative (déclarations, facturation, TVA, obligations fiscales…)
- Développement commercial (prospection, réseaux sociaux, techniques de vente, création de site web…)
- Droit et réglementation de la profession (législation, RGPD, conformité…)
- Informatique et outils numériques (suite bureautique, graphisme, cybersécurité…)
- Compétences métier spécifiques (maîtrise d’un logiciel, perfectionnement technique…)
Ces formations sont souvent les plus demandées parce qu’elles répondent à des besoins concrets et quotidiens, tout en étant bien prises en charge par les organismes financeurs.
L’auto-financement n’est pas une fatalité : osez demander conseil et vous faire financer
En synthèse, trop d’auto-entrepreneurs ignorent qu’ils cotisent et qu’ils ont le droit à des aides financières pour se former, et laissent ainsi passer des opportunités d’évolution.
Mobiliser ces financements, c’est investir dans son projet professionnel et sécuriser l’avenir de sa micro-entreprise.
Que vous soyez au début de votre activité ou en pleine reconversion, informez-vous auprès de votre fonds de formation, consultez votre solde CPF et discutez de vos projets avec les conseillers de votre chambre consulaire ou via des plateformes expertes.
« C’est en se formant régulièrement que l’auto-entrepreneur pérennise et développe son activité. La clé : jamais seul, toujours informé et accompagné dans ses démarches ! »
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