Mardi 6 octobre 2026 Newsletter Contact
Financer sa formation

Peut-on financer un double diplôme : études et conseils pratiques

Peut-on financer un double diplôme : études et conseils pratiques

Doubler son parcours en visant deux diplômes à la fois séduit de plus en plus d’étudiants, qu’il s’agisse de cursus conjoints proposés par des écoles/universités, ou de formations choisies en parallèle (licence + école, diplôme d’ingénieur + master...). Mais qu’en est-il du financement : frais, accès aux aides, organisation ? Point complet pour anticiper sereinement ce défi exigeant mais valorisant.


Les différents formats de double diplôme : comprendre les enjeux


Un double diplôme ne se résume pas à « faire deux écoles en même temps ». En France, plusieurs modèles existent :


  • Parcours intégrés : Système d’accords entre universités/écoles (ex : ingénieur + management, sciences + langues…). L’étudiant suit des modules dans chaque structure et obtient, au terme du cursus, les deux diplômes officiels.
  • Cursus parallèles : Étudiant inscrit dans deux établissements distincts (ex : licence le jour + école du soir / BTS + DU, etc.).
  • Parcours international : Diplôme franco-étranger avec périodes d’études dans chaque pays.

Les enjeux principaux sont les frais cumulés, la gestion du temps et de la charge de travail, ainsi que la reconnaissance des diplômes obtenus.


Quels frais prévoir pour un double diplôme ?


Le coût dépend du type de partenariat et du statut de chaque établissement (public/privé). À anticiper impérativement :


  • Frais de scolarité : Certaines écoles accordent des exonérations (ou tarifs réduits) dans le cadre de conventions. Mais dans le cas de deux cursus distincts, les frais peuvent s’additionner.
  • Droits d’inscription : Obligatoires dans la plupart des établissements, parfois doublés (surtout si double inscription).
  • Coût de vie : Transports, logement, matériel pédagogique, déplacements à l'étranger si parcours international.
  • Stage, projets, séjours : Certains doubles parcours imposent Mobilité ou stage à l’étranger, souvent à la charge de l’étudiant.

Exemple concret : Paul, étudiant en double licence Droit-LEA à Paris, cumule deux inscriptions à l’université (200 € x 2), des manuels spécialisés et doit financer un semestre à l’étranger (frais de vie spécifiques).


Bourses et aides étudiantes : à quoi peut-on prétendre ?


Bonne nouvelle : de nombreux dispositifs s’adaptent aux doubles parcours, à condition de bien remplir les conditions. Focus sur les aides principales :


  • Bourses sur critères sociaux (Crous): Attribuées sur la base du cursus « principal ». Elles sont généralement maintenues sur la durée normale d’un cursus majorée d’un an. Si le double diplôme allonge la durée, renseignez-vous sur un éventuel maintien exceptionnel.
  • Bourses d’excellence, fondations, dispositifs spécifiques : Certaines écoles (HEC, Ingénieur, IEP, etc.) ou collectivités proposent des aides ciblées pour les doubles cursus, particulièrement s’ils incluent une mobilité (bourses internationales, Erasmus+ pour le volet européen, aide à la mobilité du ministère).
  • Aides à l’apprentissage ou alternance : Si l’un des deux cursus permet une alternance, les frais peuvent être pris en charge en partie par l’employeur et la rémunération aide à couvrir les autres dépenses.

À noter : Chaque cas est unique ! Le cumul de bourses est parfois possible, surtout s’il s’agit de dispositifs différents (bourse sociale + fondation privée, par exemple).


CPF, prêt étudiant ou job étudiant : quelles autres options ?


Au-delà des bourses, d’autres solutions peuvent compléter le financement :


  • Le Compte Personnel de Formation (CPF): Pour les étudiants salariés ou en contrat pro, il peut financer tout ou partie de l’un des deux cycles (attention : généralement réservé à la formation professionnelle validée par l’employeur).
  • Le prêt étudiant : De nombreux établissements bancaires proposent des prêts à taux préférentiel pour couvrir les années supplémentaires ou les frais ponctuels (mobilité, équipement informatique…).
  • Le job étudiant : Travailler quelques heures/semaine pour financer les dépenses annexes reste fréquent, mais attention à la surcharge : l’organisation devient clé avec un double cursus.

Astuce : Faire un budget prévisionnel précis dès l’admission permet d’anticiper les besoins, d’identifier les périodes à risque (par exemple : stages non rémunérés) et d’éviter les découverts répétés.


Démarches administratives et conseils pour bien s’organiser


Réussir un double diplôme, cela se prépare sur le plan académique et administratif. Quelques étapes à ne pas négliger :


  • Se renseigner très tôt : Dès la première année d’études, vérifiez quelles conventions existent, les accords entre écoles et la possibilité de candidater en double diplôme.
  • Prendre contact avec le service scolarité ou international : Des référents sont là pour guider sur le montage du dossier, l’obtention des dérogations, le calendrier, voire l’aménagement de scolarité.
  • Centraliser les dossiers d’inscription : Attention au timing, certains doubles diplômes ont des calendriers avancés et exigent des justificatifs supplémentaires (lettres de motivation, bulletins...).
  • Planifier ses congés ou années de césure : Pour les parcours très lourds, une année de césure professionnelle/interne peut être envisagée pour alterner formation et expérience salariale (utile pour financer sa dernière année par exemple).

« Lors de mon double cursus ingénieur-commerce, ma scolarité m’a aidé à obtenir un aménagement d’emploi du temps, et j’ai pu décrocher une bourse mobilité pour mon semestre à l’étranger. Sans accompagnement administratif, c’est vite la galère. » – Zoé, diplômée 2022

Anticiper les défis organisationnels et tirer profit de son double parcours


Se lancer dans un double diplôme requiert beaucoup d’engagement personnel. Pour aller au bout du projet :


  • Évaluez votre charge de travail : Deux programmes = deux sessions d’examens, deux réseaux à gérer. Un agenda rigoureux, un suivi régulier auprès des professeurs et des pauses planifiées facilitent l’équilibre.
  • Savoir dire non : Gardez du temps pour les révisions, les stages ou l’activité salariée éventuelle. Priorisez l’essentiel.
  • Mobilisez le réseau : De nombreux diplômés de doubles cursus partagent conseils, bons plans ou tuteurs pour aider les nouveaux arrivants à profiter d’aides méconnues.

Un double diplôme bien préparé, avec des finances sous contrôle, devient alors un formidable atout sur le marché de l’emploi et un accélérateur de compétences.


Conclusion : s’y retrouver dans la jungle du financement


Cumuler deux diplômes, ça se calcule, ça s’organise… et ça se finance ! Les dispositifs existent, mais ils nécessitent anticipation, méthode et souvent accompagnement personnalisé. En s’appuyant sur les bons contacts dans les établissements, un suivi attentif de ses droits et un budget adapté, le double cursus ouvre des portes sans imposer la double peine financière. Le vrai bonus : une polyvalence et une valeur ajoutée pour la suite de votre parcours.
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