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Travailler à l'étranger : comment se préparer linguistiquement avant le départ

Par Maxime
6 minutes

S'ouvrir à l'international : pourquoi l'aisance linguistique est un levier décisif

Partir travailler à l'étranger représente une aventure unique, enrichissante, propice à l'épanouissement professionnel et personnel. Mais avant de poser ses valises dans un nouveau pays, un enjeu majeur conditionne la réussite de l'intégration : la capacité à communiquer efficacement dans la langue locale ou de travail. Maîtriser l'anglais, l'espagnol, l'allemand ou tout autre idiome peut ouvrir de multiples portes, donner confiance et crédibilité, et surtout permettre d'éviter l'isolement une fois sur place.

Se préparer linguistiquement ne signifie pas seulement "connaître la grammaire" ou réussir des tests : il s'agit de devenir opérationnel dans la vie quotidienne, le milieu professionnel, et pour toutes les démarches administratives.

Évaluer son niveau réel avant le départ

Pour adapter sa préparation, il convient d'abord de faire un point honnête sur ses compétences actuelles : compréhension orale, aisance à l'écrit, fluidité à l'oral, compréhension fine des situations informelles ou professionnelles.

  • Passez un test référencé (TOEIC, TOEFL, Cambridge, Linguaskill, DELE, Goethe, etc.) : bon indicateur du niveau global et souvent demandé par les employeurs ou les organismes de visa.
  • Aidez-vous des grilles du Cadre Européen Commun (CECRL) pour situer si l'objectif doit être A2 (survie), B1/B2 (autonomie professionnelle), ou C1 (maîtrise avancée).
  • Soyez attentif aux exigences du poste : certains métiers imposent une certification, d’autres exigent simplement une communication basique avec la clientèle ou l’équipe.

Cette auto-analyse évite les mauvaises surprises et permet de cibler dès le début les points à travailler.

Mettre en place un plan d'apprentissage intensif

Se préparer efficacement en quelques semaines ou mois nécessite rigueur, immersion et régularité. Voici les leviers à activer pour progresser rapidement :

  • Investissez du temps chaque jour : mieux vaut 30 minutes quotidiennes que des sessions marathon irrégulières.
  • Travailler tous les aspects : écoute active de podcasts, lectures d’articles locaux, rédaction de courriels-types, conversations avec natifs… Ne pas se cantonner à un seul exercice.
  • Programmez vos révisions avec des objectifs hebdomadaires (vocabulaire ciblé, scénario d’entretien, présentation professionnelle, compréhension de situations courantes).
  • Misez sur la répétition espacée pour ancrer durablement le vocabulaire et les expressions clés dans la mémoire.

Plus la pratique est contextualisée et authentique, plus les progrès sont rapides. Varier les supports et les situations est essentiel pour être prêt aux imprévus du terrain.

Outils et ressources pour une progression efficace

La préparation linguistique bénéficie aujourd’hui d’une multitude de ressources accessibles :

  • Applications ludiques (Duolingo, Babbel, Busuu, Rosetta Stone) : utiles pour débuter, perfectionner la grammaire ou enrichir le vocabulaire de base.
  • Plateformes d’échanges (Tandem, HelloTalk, Speaky) : mise en relation directe avec des locuteurs natifs pour pratiquer l’oral et découvrir la culture.
  • Formations certifiantes en ligne : cours structurés pour progresser dans un cadre pédagogique et préparer un diplôme.
  • Groupes de conversation ou "language cafés" : parfois organisés localement ou en visioconférence, pour s’entraîner à parler dans un contexte détendu.
  • Exercices spécifiques : podcasts authentiques (News in Slow English, Coffee Break Languages…), chaînes YouTube éducatives, séries sous-titrées dans la langue d’origine, quiz interactifs.

Astuce : préparez aussi un "kit d’urgence" (phrases types, glossaire métier, modèles de mails) à relire pendant les premières semaines, en cas de trou de mémoire ou de stress.

Axer la préparation sur le langage professionnel

Vivre à l’étranger ne se résume pas à acheter son pain ou demander son chemin. La vie au travail suppose de comprendre et d’intégrer des codes, des abréviations, des attentes parfois implicites.

  • Ciblez le lexique de votre secteur : termes techniques, jargon propre à la fonction (comptabilité, soins, management, ventes, enseignement…).
  • Préparez vos présentations orales et entraînez-vous à parler de votre parcours, de vos compétences, de vos expériences.
  • Simulez des situations courantes : demander un feedback, participer à une réunion, rédiger un compte-rendu, négocier un planning, etc.
  • Adoptez les expressions "naturelles" plutôt que des tournures littérales issues de traductions automatiques.
  • Collectez des documents authentiques (modèles de CV local, emails professionnels, fiches de paie, chartes d’entreprise) pour vous familiariser avec le contexte.

Les employeurs apprécient particulièrement les profils qui se sont entraînés à adopter la communication professionnelle attendue sur place.

Intégrer la dimension interculturelle

La maîtrise linguistique ne suffit pas toujours à éviter les incompréhensions. Chaque pays possède ses propres codes : politesse, hiérarchie, humour, tabous…

  • Editions spécialisées sur l’interculturel : livres ou articles comme ceux de Geert Hofstede, sites spécialisés (Expat.com, Intercultural Compass).
  • Regardez des témoignages vidéo d’expatriés ou lisez des blogs pour identifier les pièges à éviter dans votre pays d’accueil.
  • Familiarisez-vous avec les formules de courtoisie, la gestion du temps, la ponctualité, la façon de contredire un supérieur ou de poser une question en réunion…

Sur le plan linguistique, ne négligez pas la capacité à détecter les sous-entendus, les double sens, et à adopter le "ton" local, qui rassure et donne confiance à votre interlocuteur.

Préparer les démarches administratives et la vie quotidienne

De nombreux expatriés regrettent, une fois sur place, d’avoir sous-estimé la complexité du langage administratif et du quotidien (banque, logement, santé, transports, démarches auprès de la mairie ou de l’immigration).

  • Identifiez à l’avance les documents clés (contrat de travail, bail, déclarations sociales, formulaires, justificatifs) et entraînez-vous à les décrypter dans la langue cible.
  • Notez les mots de base propres à ces démarches : "garant", "allocations", "assurance maladie", "taxes", "numéro d’identification", etc.
  • Préparez un lexique d’urgence à garder sur le téléphone ou sur papier en début de séjour.
  • Faites une veille sur les sites officiels ou forums communautaires pour anticiper la terminologie réellement utilisée localement.

Cette préparation évite des malentendus parfois lourds de conséquences et facilite les premiers mois d’installation.

L’importance de l’oral : vaincre la peur de s’exprimer

La principale difficulté, surtout au début, est bien souvent de passer à l’oral. La peur de "mal dire" freine l’intégration et la confiance en soi.

  • Pratiquez en conditions réelles dès que possible, même si vos phrases sont imparfaites.
  • N’hésitez pas à enregistrer votre voix et à la comparer à des extraits authentiques ; identifiez les points de prononciation à travailler (accentuation, liaisons, rythme).
  • Apprenez à demander poliment qu’on répète ou reformule en cas d’incompréhension : une compétence aussi précieuse qu’un vocabulaire fourni.
  • Rejoignez, si possible avant le départ, des ateliers d’expression orale spécialisés dans la langue visée (cours du soir, associations, clubs polyglottes universitaires).

Chaque progrès oral, aussi minime soit-il, contribuera à dissiper le "syndrome de l’imposteur" à l'étranger.

Astuces d’expatriés : témoignages et conseils

« Pour mon VIE à Berlin, j’ai travaillé les bases en allemand, mais l’anglais restait la langue du bureau. J’ai regretté de ne pas avoir pratiqué plus l’allemand oralement avant le départ : pour les courses, les RDV médicaux ou avec la mairie, l’anglais n’était pas toujours accepté. J’ai gagné beaucoup de temps avec les vidéos YouTube de natifs et des podcasts sur les expressions courantes. L’immersion dès l’arrivée a fait le reste ! »

– Victor, 26 ans, contrôleur de gestion
« Un mois avant de rejoindre une chaîne d’hôtellerie à Londres, j’ai participé à des ateliers "job interview" en ligne. Les retours d’un coach m’ont aidé à corriger mes automatismes de traduction directe. La clé : accepter de se tromper, oser demander de reformuler quand on ne comprend pas, et noter chaque nouvelle expression entendue pour la réutiliser dès le lendemain. »

– Marianne, 23 ans, réceptionniste

À retenir pour une préparation efficace avant l’expatriation

  • Réfléchissez à votre niveau objectif en lien avec votre projet professionnel et la réalité quotidienne dans le pays cible.
  • Misez sur la régularité et la diversité des exercices linguistiques plutôt que sur la seule théorie.
  • Privilégiez les outils interactifs et la pratique orale, car c’est l’expression vivante qui fait la différence.
  • N’attendez pas d’être « parfait » pour oser parler : l’important est de se rendre compréhensible et ouvert à la progression.
  • Pensez à la dimension culturelle : politesse, formules de salutation, communication non verbale sont aussi importantes que le vocabulaire technique.
  • Préparez l’essentiel des démarches administratives avant le départ : lexique, modèles types, explications associatives/locales.
  • N’hésitez pas à faire appel à des natifs ou à des pairs déjà sur place pour échanger et obtenir des conseils pratiques ou linguistiques.

Prévoir une préparation linguistique solide avant de s’expatrier, c’est non seulement s’assurer une meilleure intégration, mais aussi multiplier ses opportunités de réussite à l’international. Pour aller plus loin, retrouvez sur formationconcrete.fr nos guides sur la mobilité internationale, les certifications de langues, et les exemples de parcours d’expatriés ayant surmonté la barrière linguistique avec succès.

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