Quand le digital se fait discret : plongée dans les professions numériques insoupçonnées
Le numérique a bouleversé le monde du travail. Derrière la vitrine éclatante des métiers de développeur, data analyst ou community manager, existe un vivier de professions plus discrètes mais essentielles. Des centaines de milliers d’emplois dans le digital échappent aux radars des chercheurs d’emploi, des étudiants et des personnes en reconversion. Qui sont ces femmes et ces hommes opérant aux coulisses du web ? Comment accéder à ces métiers qui recrutent mais restent en marge des grandes tendances ? Tour d’horizon des “métiers cachés” du numérique, clefs d’une transformation digitale concrète.
Le numérique : bien plus que code et réseaux sociaux
Longtemps, les carrières du digital ont été assimilées à la technique pure : programmation, administration réseaux, cybersécurité. Pourtant, la numérisation touche progressivement tous les secteurs, entraînant l’émergence de métiers hybrides. Beaucoup de ces fonctions sont “invisibles” au grand public parce qu’elles interviennent à l’intersection de la technologie, du support opérationnel, de la relation client ou de l’analyse.
Certaines professions, pourtant stratégiques, manquent d’exposition médiatique. Les formations spécifiques restent peu connues et les passerelles sont nombreuses pour toute personne motivée, même sans background technique. Découvrons quelques-unes de ces carrières qui composent la face cachée du secteur numérique.
Zoom sur cinq métiers numériques trop souvent méconnus
1. Technicien.ne support applicatif
Moins exposé que le développeur, le technicien ou la technicienne support applicatif intervient lorsqu’un logiciel ou une application rencontre un problème en production. Leur rôle : diagnostiquer et solutionner rapidement les incidents, en lien avec les équipes de développement, d’exploitation et les clients.
- Missions : prise en charge des tickets d’incidents, rédaction de rapports, tests correctifs, formation des utilisateurs.
- Compétences : curiosité technique, rigueur, pédagogie, sens du service.
- Pour qui ? Titulaires de BTS SIO, DUT informatique, autodidactes. Portes d’entrée privilégiées dans les ESN et les DSI.
2. Facilitateur.rice numérique ou médiateur.rice digital
Avec la montée des démarches en ligne (banque, administration, achats), de nombreux citoyens restent en difficulté. Les facilitateurs du numérique sont les “pivots” qui accompagnent particuliers, seniors, publics défavorisés ou professionnels dans leur accès aux outils, à la cybersécurité et aux services digitaux.
- Missions : diagnostic de besoins, ateliers d’initiation, animation d’espaces publics numériques, conseil sur la sécurisation des données.
- Compétences : patience, communication, connaissance des usages du digital quotidien (bureautique, e-services, smartphones).
- Pour qui ? Diplôme animateur socio-culturel, reconversion, parfois bénévolat puis professionnalisation via des réseaux associatifs ou collectivités territoriales.
3. Chargé.e de conformité RGPD (données personnelles)
Le règlement général sur la protection des données (RGPD) a créé un besoin considérable de spécialistes capables de garantir la légalité des traitements de données. Le ou la chargé.e de conformité veille à la mise en œuvre du règlement dans les processus métiers, la conception logicielle et les relations avec les partenaires.
- Missions : audit, création de registres, sensibilisation, veille juridique, suivi des droits utilisateurs.
- Compétences : rigueur, maîtrise des bases juridiques du numérique, capacité à rédiger des guides et procédures.
- Pour qui ? Formations hybrides (droit/numérique), possibilité d’accès via VAE ou formation continue, opportunités dans PME, administration, organismes de santé.
4. Designer d’accessibilité numérique (ou accessibilité web)
Trop souvent ignorée, l’accessibilité numérique vise à rendre les sites, applications et contenus utilisables par tous, en particulier les publics en situation de handicap. Ces spécialistes travaillent en amont du développement pour intégrer les bonnes pratiques garantissant navigation, lecture et interaction sans barrière.
- Missions : audit et recommandations d’accessibilité, création de maquettes inclusives, formation des équipes techniques et éditoriales.
- Compétences : maîtrise des normes WCAG, UX/UI design, empathie, pédagogie, veille technologique.
- Pour qui ? Admissions après cursus webdesign, informatique ou par formation professionnelle dédiée. Métiers porteurs chez les éditeurs de solutions et dans la fonction publique.
5. Archiviste ou documentaliste digital
L’accumulation de documents numériques (contrats, emails, vidéos, bases de données) pose un défi majeur : comment organiser, sécuriser et pérenniser cette masse d’informations ? L’archiviste digital conçoit les procédures, outils et nomenclatures pour le classement, la recherche rapide et la conservation à long terme des documents.
- Missions : mise en place de bases documentaires, veille sur les formats d’archivage, gestion de la transition numérique, formation des équipes à l’indexation.
- Compétences : méthode, précision, maîtrise des outils de GED (gestion électronique de documents), culture générale solide.
- Pour qui ? Bac+2 ou plus en archivistique, documentation, ou expérience terrain. Opportunités dans les grandes entreprises, institutions, collectivités.
Pourquoi sont-ils essentiels au fonctionnement de l’économie digitale ?
Pour qu’une plateforme fonctionne, qu’un service client réponde efficacement ou qu’un site soit accessible à tous, il ne suffit pas de coder : il faut assurer la sécurité, la maintenance, la compréhension de chaque outil par son public. Les métiers cachés portés par ces professionnels sont garants de la fiabilité, de l’inclusion et de la pérennité des usages numériques. Sans eux, les innovations tech resteraient des gadgets réservés à une élite, loin des enjeux économiques et sociaux de la transformation digitale.
Ces métiers recrutent : tendances et perspectives
Selon Pôle Emploi et les dernières études sectorielles, près d’un tiers des emplois numériques créés chaque année concernent des profils transverses ou supports (gestion de projets, accessibilité, conformité, assistance). La montée en puissance du numérique “invisible” dans tous les métiers se traduit par une demande forte pour :
- Des médiateurs numériques au sein des collectivités pour lutter contre la fracture digitale.
- Des spécialistes de l’accessibilité pour les sites e-administration ou e-commerce.
- Des gestionnaires de bases de données ou de GED, avec la dématérialisation croissante des process internes.
- Des experts RGPD dans les secteurs sensibles (santé, banque, éducation).
Autre constat : l’accès à ces “métiers de l’ombre” peut se faire par l’alternance, la VAE, des certifications courtes ou la promotion interne. Pas besoin d’un master en informatique : motivation et capacité à se former en continu sont les clefs de l’insertion.
Comment se former et faire reconnaître ses compétences ?
Pour intégrer ces fonctions, plusieurs pistes à explorer :
- Formations courtes : Titre professionnel (niveau Bac à Bac+3), CQP métiers du digital, MOOC spécialisés (Fun MOOC, OpenClassrooms, CNED).
- Certifications sectorielles : CNIL (pour RGPD), tuteur médiateur numérique (Grande École du Numérique), attestations AccessiWeb, certificat archivage électronique.
- Passeport numérique (PIX) : Recommandé pour attester son socle de compétences numériques auprès des employeurs publics ou privés.
De plus en plus d’entreprises valorisent le potentiel plutôt que le diplôme purement académique. Une expérience de bénévolat, de modérateur sur forum, ou de “geek du quotidien” peut faire la différence en entretien.
Témoignages : regards de professionnels de l’ombre
« Je n’avais jamais imaginé devenir facilitateur numérique. J’ai commencé par animer des ateliers pour apprendre à des seniors à sécuriser leurs mots de passe, puis j’ai décroché un CDD en maison France Services. Aujourd’hui, je me sens utile chaque jour ! » – Karim, 34 ans, médiateur digital
« L’accessibilité web, c’est un engagement qui va bien au-delà de la technique. Je travaille main dans la main avec des développeurs et avec des personnes en situation de handicap. Chaque progrès, même minime, ouvre la porte à plus de liberté pour des utilisateurs qui étaient laissés de côté. » – Amandine, 28 ans, consultante accessibilité
À retenir : oser explorer la diversité du numérique
- Le numérique va bien au-delà du code pur : des dizaines de métiers existent dans la médiation, le support, la conformité, l’accessibilité ou la documentation.
- Ces métiers recrutent, souvent sur la base de compétences transversales, soft skills et volonté de se former.
- La formation est accessible via l’alternance, la reconversion, le bénévolat et les certifications professionnelles.
- L’utilité sociale du numérique passe par ces professionnels de terrain, essentiels au déploiement d’une société digitale inclusive et performante.
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