Soft skills

Prendre la parole en public : conseils pour dépasser sa timidité

Par Maxime
5 minutes

Oser s’exprimer devant un auditoire : pourquoi est-ce un défi pour beaucoup ?

Prendre la parole devant un groupe, que ce soit en réunion, lors d’une présentation ou dans un cadre associatif, constitue pour beaucoup une épreuve, parfois source d’inconfort voire d’angoisse. Cette timidité s’explique par la peur du regard des autres, la crainte de commettre une erreur ou de ne pas intéresser son public. Pourtant, s’exprimer en public est une compétence précieuse, valorisée dans le monde professionnel comme dans la vie personnelle. Bonne nouvelle : il est possible de se défaire progressivement de cette peur, grâce à des méthodes et à un entraînement ciblés.

D’où vient la peur de prendre la parole en public ?

La glossophobie, autrement dit la peur de parler en public, toucherait près de 60 % des adultes selon plusieurs études. Ce phénomène puise ses racines dans notre histoire personnelle, parfois dans l'enfance, mais aussi dans des mécanismes universels : le désir de reconnaissance, la peur de l’échec ou du jugement, le manque de confiance en soi.

  • Anticipation négative : on imagine souvent le pire scénario : trou de mémoire, bafouillements, critiques.
  • Pression de réussite : intervenir « parfaitement » devient un enjeu inconscient, source de stress.
  • Manque de préparation ou d’expérience : sans entraînement, la prise de parole apparaît comme une zone inconnue.

Mais rappelez-vous, cette peur est commune même chez les orateurs chevronnés. La clé ? Ne pas chercher à la supprimer, mais à l’apprivoiser.

Bien se préparer : la première étape pour gagner en confiance

Un discours efficace commence avant même de monter sur scène : la préparation est le socle de l’aisance. Voici les fondamentaux :

  • Structurer ses idées : posez sur papier le plan de votre intervention : introduction, développement, conclusion. Chaque partie doit répondre à une intention claire.
  • Connaitre son sujet : plus vous serez à l’aise avec le contenu, plus vous maîtriserez votre message, et moins vous serez fragilisé par une question ou interruption.
  • S’entraîner à voix haute : devant un miroir, un proche ou à l’aide d’un enregistrement. Identifiez les passages difficiles et ajustez votre rythme.
  • Prévoir une gestion du support : slides, fiche papier ou simple plan mental, choisissez l’aide-mémoire qui vous rassure.

Un entraînement régulier, même sur des interventions courtes, est le meilleur remède contre l’appréhension du « premier saut ».

Comment surmonter le trac juste avant de parler ?

Quelques minutes avant de prendre la parole, le stress peut monter d’un cran : accélération du rythme cardiaque, mains moites, voix tremblante… Ces signes sont normaux. Il existe cependant des techniques pour les apprivoiser :

  • Respiration profonde : adoptez la respiration par le ventre (inspiration longue, expiration lente) pour calmer votre système nerveux.
  • Visualisation positive : imaginez-vous en train de réussir votre intervention, recevant l’écoute et l’attention du public.
  • Ancrage corporel : redressez-vous, gardez les épaules basses, les pieds bien ancrés au sol. Le langage corporel influe sur l’état d’esprit.
  • Bref exercice physique : marcher quelques pas, faire de petits étirements pour canaliser l’excès d’énergie.

Avant de commencer, fixez un point du regard, souriez, et commencez lentement : le rythme s’ajustera naturellement.

Des astuces concrètes pour prendre la parole avec plus d’assurance

  • Adopter un langage simple et direct : inutile de chercher à impressionner, privilégiez les phrases courtes et des exemples concrets.
  • Utiliser le silence à votre avantage : une courte pause permet de reprendre le fil, de donner du poids à votre propos et d’attirer l’attention.
  • S’impliquer personnellement : parler en « je », partager une expérience, aide à créer un lien avec le public, tout en renforçant votre sincérité.
  • Regarder l’auditoire : balayez la salle du regard ou appuyez-vous sur quelques visages bienveillants pour renforcer votre présence.
  • S’autoriser les erreurs : personne n’attend une intervention sans faute. En cas de trou de mémoire, reprenez calmement, ou utilisez l’humour pour détendre l’atmosphère.

S’entraîner à progresser : les exercices qui renforcent l’audace

Prendre la parole s’apprend par la pratique. Plus on s’expose, moins la peur est paralysante. Voici des exercices progressifs :

  • Lire un texte à haute voix chaque jour, pour travailler votre articulation et l’assurance dans la voix.
  • Participer à de petits groupes : réunions associatives, clubs de lecture, réunions en visioconférence.
  • Rejoindre un atelier d’improvisation ou un club d’éloquence comme le Toastmasters.
  • Filmer vos interventions pour vous auto-évaluer : posture, débit, volume, impact du regard.
  • Prendre la parole en réunion par une simple question ou un apport, même bref, pour « dédramatiser » l’exposition.

L’objectif : faire de la prise de parole une routine, et non « l’exception-stress » qui occupe tout votre esprit.

« Fake it until you make it » : adopter la posture de l’orateur

Le langage non verbal compte autant – parfois plus – que le contenu du message. Même si la confiance n’est pas encore totale, vous pouvez la « jouer »A0:

  • Sourire : il rassure l’auditoire et détend… celui qui parle.
  • Utiliser les mains : une gestuelle ouverte renforce votre message, tandis qu’un corps figé alimente la tension.
  • Regarder l’horizon ou le centre de la salle pour projeter la voix.
  • Prendre le temps : ralentir volontairement le débit valorise votre discours et laisse le cerveau organiser les idées.

Petit à petit, la posture de l’orateur devient naturelle et inspire confiance… au public comme à soi-même.

L’importance du retour : comment progresser après chaque intervention

Accepter de se confronter au regard des autres, c’est aussi s’ouvrir au feedback. Après chaque prise de parole :

  • Demandez un retour : sollicitez quelques remarques d’un ami, collègue ou enseignant. Qu’est-ce qui a plu, ce qui pourrait être amélioré ?
  • Analysez votre propre ressenti : Quelles émotions vous ont traversé ? À quel moment la peur s’est-elle dissipée ?
  • Félicitez-vous pour l'effort, pas uniquement pour la « performance ». La progression, c’est aussi gagner en assurance, pas seulement délivrer un exposé parfait.

Quand la timidité cache un autre enjeu : oser demander de l’aide

Il arrive que la peur de s’exprimer soit liée à une faible estime de soi, ou à des souvenirs scolaires difficiles. Dans ce cas :

  • Le recours à un coach ou un groupe d’entraide permet d’avancer plus vite, dans la bienveillance.
  • Des formations spécialisées existent, souvent prises en charge dans le cadre du CPF ou par l’employeur.
  • Les ateliers « prise de parole » proposés par les universités, centres sociaux, associations complètent utilement la pratique individuelle.

L’essentiel est de ne pas rester isolé face à la difficulté : prendre confiance en public est un processus, qui se nourrit d’encouragements et de petites victoires.

Témoignage : « Avant, je rougissais rien qu’à l’idée de parler en amphi… »

« Lorsque j’étais étudiant, j’évitais toutes les interventions à voix haute. La simple évocation d’un exposé me paralysait. Tout a changé lorsque j’ai rejoint un atelier de prise de parole proposé par mon université. Au début, je devais lire trois lignes, je bégayais, je n’osais regarder personne. Peu à peu, grâce aux exercices en binôme et au retour bienveillant du groupe, j’ai pris confiance. Aujourd’hui, je présente tous les mois devant des collègues et j’interviens même lors de forums étudiants. J’ai compris que chaque erreur n’était pas un désastre, mais une étape de plus vers l’aisance.»

– Julien, 29 ans, chef de projet digital

À retenir pour s’affirmer à l’oral

  • La peur de parler en public est normale : elle ne disparaît jamais totalement, mais se maîtrise.
  • La préparation et l’entraînement sont les leviers majeurs pour gagner en assurance et sortir de la timidité.
  • Faire de petits pas : interventions courtes, groupes de parole, lectures à voix haute… chaque effort compte.
  • L’expression orale n’est pas innée : c’est une compétence qui se travaille, quel que soit son tempérament.
  • Multipliez les retours et les sources de feedback pour progresser à chaque intervention.

N’ayez plus peur de prendre la lumière : oser la parole, c’est s’ouvrir à de multiples opportunités, dans vos études, votre carrière et votre vie sociale. Pour prolonger ces conseils, retrouvez nos dossiers pratiques, interviews et ressources pour s’entraîner à l’oral sur formationconcrete.fr.

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