Voie d'excellence pour poursuivre après un bac+2 ou bac+3 : comprendre les admissions sur titre
Vous êtes titulaire d’un BTS, DUT, BUT, licence 2 ou licence professionnelle et souhaitez rejoindre une grande école ou un cursus sélectif ? Les admissions sur titre (AST) représentent une opportunité majeure pour intégrer des établissements réputés, sans repasser par la case première année. Mais comment fonctionnent ces recrutements ? Quelles sont les voies possibles, les conditions d’accès, les étapes de sélection et les chances de réussite ?
Définition et principes des admissions sur titre
L’admission sur titre, parfois appelée "admission parallèle", désigne la possibilité pour des étudiants ayant déjà validé un ou plusieurs cycles d’études supérieures (généralement bac+2 ou bac+3) d’intégrer directement dans les rangs d’une grande école ou d’un cursus universitaire sélectif, souvent en deuxième ou troisième année.
- Cette procédure concerne une multitude de domaines : écoles de commerce, d’ingénieurs, d’arts appliqués, d’architecture, d’informatique, mais aussi certains masters universitaires.
- Elle offre la possibilité d’accéder à des formations initialement réservées aux étudiants issus des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ou du cycle universitaire classique.
L’enjeu principal : valoriser votre parcours et vos compétences acquises à l’issue de votre première formation, afin de convaincre les jurys que vous avez le profil pour réussir dans leur établissement.
Qui peut postuler ? Bac+2 ou bac+3 : les profils recherchés
Le recrutement sur titre s'adresse à une grande diversité de candidats. Toutefois, les établissements fixent des critères précis.
- Après un bac+2 (BTS, DUT, BUT 2, Licence 2) : vous pouvez viser l’entrée en première ou deuxième année de certaines écoles (parfois appelée "AST1"). D’autres réservent leurs places aux titulaires d’un bac+3.
- Après un bac+3 (Licence 3, BUT 3, licence professionnelle) : de nombreuses écoles de commerce et d'ingénieurs proposent une entrée en deuxième ou troisième année du cursus (niveau "AST2").
- Autres titres admis : certains candidats issus d’écoles spécialisées (gestion, informatique, paramédical, artistique) ou possédant une double compétence peuvent également être éligibles.
Attention : chaque établissement indique précisément dans ses modalités d’admission les types de diplômes acceptés, le niveau exigé (minimum requis 120 ou 180 crédits ECTS), voire parfois des mentions ou spécialités particulières.
Quelles écoles et quels diplômes accessibles ?
Les admissions sur titre sont particulièrement développées dans les secteurs suivants :
- Écoles de commerce (grandes écoles, post-prépa, post-bac) : HEC, ESSEC, emlyon, Audencia, SKEMA, NEOMA, etc., proposent des concours spécifiques ouverts en niveau bac+2 ou bac+3.
- Écoles d’ingénieurs : des concours sont ouverts chaque année (GEIPI, e3a, Polytech, INSA, UTC…) permettant d’intégrer une école directement en passant outre la prépa.
- Écoles spécialisées (communication, design, informatique, architecture, sciences politiques, journalisme…).
- Masters universitaires et écoles universitaires de management : avec une licence, vous pouvez candidater directement en master 1 sur dossier.
Chaque école ou université propose des modalités spécifiques d’admission, avec un nombre variable de places par voie AST.
Le processus de sélection : étapes et conseils
Intégrer via une admission sur titre est une démarche sélective : la concurrence est souvent rude, notamment dans les écoles les plus cotées. Voici les grandes étapes du processus.
1. Inscription et constitution du dossier
- Dossier académique : notes, diplôme (relevé de notes du post-bac), CV détaillé, éventuellement attestations de stages ou expériences personnelles.
- Lettre de motivation : elle doit présenter avec clarté votre projet, votre intérêt pour l’école et ce que vous pouvez y apporter.
- Lettres de recommandation (enseignants, tuteurs de stage ou employeurs) souvent requises.
- Droits de dossier : prévoir le paiement de frais (souvent entre 50 et 150 €).
2. Épreuves écrites et/ou orales
Selon les écoles, différentes épreuves peuvent être proposées :
- Tests écrits : synthèse de documents, dissertation, logique, mathématiques, analyse de situation, QCM de culture générale ou d’anglais…
- Tests de langue : souvent obligatoires et éliminatoires (TOEIC, TOEFL, tests internes…).
- Entretien de motivation : devant un jury composé d’enseignants et/ou de professionnels ; il s’agit de vérifier votre projet, votre personnalité, votre motivation et votre capacité d’adaptation.
- Mise en situation : parfois, l’école propose un oral collectif, une étude de cas ou un travail en groupe.
3. Sélection finale
L’ensemble des éléments (dossier écrit, notes obtenues aux concours, résultats aux oraux, cohérence du projet) est analysé par le jury. Le classement détermine l’admission.
Quels sont les principaux concours d’admission sur titre ?
En dehors des candidatures gérées indépendamment par chaque école, plusieurs concours communs facilitent la procédure pour les grandes écoles de commerce.
- Concours Passerelle : accès à 6 grandes écoles, ouvert aux titulaires d’un bac+2 ou bac+3. Épreuves écrites et orales communes.
- Concours Tremplin (Tremplin 1 pour bac+2, Tremplin 2 pour bac+3) : accès à NEOMA, KEDGE, ICN (selon années).
- Concours Ambitions+ pour l’ISC Paris et plusieurs autres écoles.
- Accès en écoles d’ingénieurs : concours ENSEA, e3a, voire sur dossier pour des écoles du réseau Polytech ou à l’Université technologique.
Pour les écoles universitaires et les masters, la procédure relève principalement du dossier, parfois d’un entretien.
Chances d’intégration et volume de places réservées
Le nombre de places ouvertes par voie d’admission sur titre varie fortement d’une école à l’autre. Certaines grandes écoles réservent jusqu’à un tiers de leur effectif annuel à ce recrutement parallèle, d’autres demeurent plus fermées.
- Écoles de commerce : dans la plupart des cas, 20 à 40 % des étudiants de la promo proviennent des admissions sur titre. Certaines écoles valorisent la diversité et les profils issus de cursus courts.
- Écoles d’ingénieurs : la part d’AST est souvent plus faible, mais croissante, notamment avec la réforme des BUT.
- Universités : concernant l’accès en master, la sélection est principalement liée à l’adéquation du parcours, des résultats obtenus et à la motivation.
Un bémol : la sélectivité des concours. Dans les écoles les plus prestigieuses, seuls 10 à 20 % des candidats admis sur titre réussissent. Par ailleurs, certains cursus privilégient les profils scientifiques, d’autres l’expérience professionnelle.
Conseils pour réussir sa candidature
- Soigner le projet professionnel : expliquez clairement vos aspirations, en lien avec ce que l’école ou la formation peut vous apporter.
- Valoriser chaque expérience : stages, alternance, engagement associatif, projets personnels… Montrez votre ouverture et votre capacité à vous investir.
- Ne pas négliger la préparation des épreuves : entraînez-vous régulièrement sur les annales des concours, révisez la logique, apprenez à vous présenter efficacement à l’oral.
- Soigner le dossier et la forme : respectez scrupuleusement les consignes, vérifiez orthographe et mise en page.
- Anticipez les délais : les procédures peuvent ouvrir très tôt dans l’année (dès décembre pour l’année suivante). Organisez vos candidatures et ne vous limitez pas à une seule école.
« Titulaire d’un BUT tech de co, j’ai candidaté sur concours à trois écoles de commerce via la voie AST2. J’ai beaucoup travaillé l’anglais et la synthèse de documents. Les épreuves d’entretien portaient sur mes choix et mon parcours d’association. J’ai finalement intégré Audencia à la rentrée. Mon conseil ? Se faire relire par un ancien étudiant et être sincère dans l’expression du projet. »
— Laura, 23 ans, Nantes
Admissions sur titre et alternance : une opportunité à saisir
De plus en plus d’écoles ouvrent leur recrutement AST à l’alternance, permettant ainsi de financer ses études tout en acquérant une solide expérience professionnelle. Cela représente une réelle valeur ajoutée pour le CV et permet de faciliter l’insertion à l’issue du diplôme.
- Renseignez-vous sur les cursus en alternance prévus pour les AST, notamment au sein des écoles de commerce et d’ingénieurs.
- Certains masters accueillent aussi des profils atypiques ou plus professionnels via l’alternance.
Financer ses études après l’admission sur titre
L’accès à une grande école ou à un master peut impliquer des frais de scolarité parfois élevés. Cependant, des solutions existent :
- Bourses sur critères sociaux pouvant être maintenues lors du changement d’établissement.
- Contrat d’alternance ou apprentissage : il permet de percevoir une rémunération et de voir ses frais d’inscription pris en charge.
- Aides spécifiques des écoles : exonérations partielles, bourses d’excellence.
- Prêts étudiants bancaires parfois négociés à taux préférentiels via un partenariat école-banque.
Pour en savoir plus, consultez nos ressources dédiées au financement sur formationconcrete.fr.
À retenir pour réussir son intégration par admission sur titre
- L’admission sur titre est une voie légitime et valorisée, permettant aux profils issus de BTS, DUT, BUT ou Licence de rejoindre des cursus d’excellence.
- La concurrence implique une véritable préparation : dossier soigné, projet clair, entraînement aux épreuves.
- Le niveau académique est scruté mais le « savoir-être », l’ouverture, la motivation et l’engagement font souvent la différence.
- De multiples dispositifs de financement ou de formation en alternance existent pour les parcours AST.
- N’hésitez jamais à multiplier les candidatures, car la réussite dépend aussi de l’adéquation entre parcours, projet et école visée.
Pour aller plus loin sur les concours, les stratégies de sélection et les témoignages d’intégration, explorez nos dossiers thématiques dans la rubrique Écoles & diplômes mais aussi Conseils carrière sur formationconcrete.fr.