Bénéficier d’un financement de formation après un licenciement économique
Se relever après un licenciement économique : transformer l’épreuve en opportunité de formation
Un licenciement économique est souvent vécu comme une période de fragilité, source de doutes et de remise en question. Pourtant, il peut aussi ouvrir une parenthèse constructive si elle est exploitée comme une chance de s’outiller pour la suite de sa carrière. Le système français prévoit plusieurs dispositifs pour accompagner une reconversion, l’acquisition de nouvelles compétences et la préparation à une relance professionnelle. Parmi ces leviers, le financement d’une formation joue un rôle clé — à condition d’en connaître les modalités et de se mobiliser très vite. Cet article propose un panorama complet pour transformer la perte de son emploi en tremplin vers l’avenir.
Comprendre le licenciement économique et ses conséquences
Le licenciement économique se définit par la suppression ou la transformation d’un emploi consécutive à des difficultés économiques, une mutation technologique, une réorganisation de l’entreprise ou une cessation d’activité. Il diffère d’un licenciement pour motif personnel, car il prend en compte la conjoncture et non des fautes individuelles. Ce choc professionnel impose alors une redéfinition de ses priorités : repositionnement sur le marché, possibilité de changer de métier ou d’améliorer ses qualifications pour accéder à de nouveaux débouchés.
Pourquoi se former après un licenciement ?
En France, plus d’un salarié sur trois ayant connu un licenciement économique profite de cette étape pour reprendre une formation. Les raisons sont multiples :
- Se reconvertir dans un secteur porteur qui embauche (numérique, santé, développement durable...).
- Faire évoluer sa carrière en validant une compétence, une certification ou un diplôme reconnu.
- Sécuriser son employabilité face à des exigences techniques ou numériques renouvelées.
- Prendre du recul sur son parcours et affiner un nouveau projet professionnel.
Se former c’est donc investir sur soi pour rebondir : la dynamique d’apprentissage donne confiance, permet d’actualiser ses connaissances et favorise un retour plus rapide à l’emploi.
Quels dispositifs de financement pour se former après un licenciement économique ?
1. Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP)
En cas de licenciement économique, l’employeur doit proposer le Contrat de Sécurisation Professionnelle. C’est l’outil central offert aux salariés d’entreprises de moins de 1000 personnes (ou en redressement/liquidation judiciaire) : il vise un retour à l’emploi via un accompagnement renforcé et une prise en charge financière de formations éligibles.
- Le CSP dure jusqu’à 12 mois et ouvre droit à un suivi personnalisé, des ateliers collectifs et un bilan de compétences initial.
- Le bénéficiaire est rémunéré par Pôle emploi avec une Allocation de sécurisation professionnelle (ASP), généralement plus avantageuse que l’allocation de retour à l’emploi classique.
- Surtout, le financement des formations inscrites au Plan de Retour à l’Emploi (PRE) est assuré (actions certifiantes, titres pro, etc.), sans nécessiter de mobilisation de ressources personnelles.
- Il est possible (et recommandé) d’utiliser aussi son Compte Personnel de Formation (CPF) en complément pour financer certains projets spécifiques.
2. L’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi Formation (ARE-F)
Après la période de CSP, ou pour les licenciés économiques qui n’y accèdent pas, l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE) peut être maintenue pendant une formation agréée par Pôle emploi (suivi d’un titre, CAP, parcours qualifiant…). La prise en charge du coût pédagogique peut alors relever de différents acteurs : Conseil régional, OPCO, fonds de transition professionnelle, etc. Un conseiller Pôle emploi est le référent pour monter le dossier, identifier les aides régionales ou nationales, mobiliser le CPF, ou obtenir des financements complémentaires le cas échéant.
3. Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Le CPF permet d’accéder à un « crédit formation » exprimé en euros, utilisable tout au long de la vie active (même après le licenciement) pour financer un diplôme, une certification, un permis, une VAE… Lors d’un licenciement économique, le solde CPF acquis chez l’employeur précédent reste disponible. Il peut servir à :
- Créer un « coup de pouce » pour une formation courte ou compléter un financement partiel pour des études plus longues.
- Financer une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), processus apprécié en reconversion.
4. L’Action de Formation Conventionnée (AFC) et les autres aides spécifiques
Pôle emploi et les Conseils régionaux cofinancent chaque année des milliers d’actions de formation conventionnées, gratuites pour les chercheurs d’emploi (AFC, AFPR, POEI...) dans des secteurs en tension. À cela s’ajoutent des dispositifs particuliers pour certains publics (seniors, travailleurs handicapés, femmes en reconversion…).
Quelles démarches pour concrétiser son projet de formation ?
- Faire le point avec un conseiller Pôle emploi ou mission locale pour établir un diagnostic des besoins (bilan de compétences, évaluation du marché local).
- Définir un projet réaliste et motivant, en lien avec les opportunités de financement.
- S’informer sur l’offre de formations accessibles localement ou à distance (catalogue du CPF, sites des régions, organismes labellisés, CFA...).
- Constituer le dossier de demande de financement (dossier CSP, devis, attestation organisme, plan de formation validé par Pôle emploi ou CPF).
- Anticiper les délais et contraintes d’inscription : certaines formations sont sélectives ou nécessitent des tests, d’autres ouvrent plusieurs fois par an.
Il est recommandé de démarrer ces démarches dès la rupture de contrat, car certains dispositifs sont limités dans le temps.
Zoom sur la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)
Pour les salariés ayant accumulé une solide expérience (au moins un an en lien avec le diplôme visé), la VAE permet d’obtenir un titre professionnel en valorisant ses acquis. Elle est particulièrement prisée après un licenciement économique, car elle accélère la reconnaissance de parcours antérieurs pour faciliter le rebond vers le marché du travail. Son financement peut combiner CPF, soutien de la région, ou financement de transition professionnelle.
Éviter les pièges : conseils pratiques
- Vérifier l’éligibilité de la formation : seules les formations certifiantes ou qualifiantes ouvrent les droits aux financements et à la prolongation du droit à l’allocation chômage durant la période d’études.
- Privilégier les organismes reconnus (labellisés Qualiopi, référencés par les OPCO, etc.), gage de qualité et de reconnaissance.
- Ne pas négliger l’accompagnement des conseillers : une formation aboutie passe souvent par un suivi personnalisé et des dispositifs comme l’accompagnement VAE, le coaching à la reconversion ou l’appui à la recherche de stages.
- Se former progressivement : certains choisissent d’alterner de courtes certifications (bureautique, numérique, langues) avec un cursus principal afin d’augmenter leur attractivité sur le marché du travail.
Perspectives et retours d’expérience : quand la formation change tout
Les statistiques le montrent : les personnes formées dans le cadre ou à la suite d’un licenciement économique retrouvent plus rapidement un emploi durable, souvent mieux rémunéré ou correspondant davantage à leurs aspirations. Agir vite, accéder à des conseils experts et oser sortir de sa zone de confort (envisager un nouveau métier, retourner sur les bancs de l’école, ou passer un diplôme à distance) font la différence.
« Un licenciement économique n’est pas une condamnation, mais un signal pour réinventer sa trajectoire. Le financement d’une formation, bien préparé, fait souvent passer d’un sentiment de vulnérabilité à une dynamique de réussite. »
Ressources et liens utiles pour aller plus loin
- Le site formationconcrete.fr propose des guides complets sur le CPF, le CSP, la VAE, ainsi que des fiches pratiques sur la mobilisation de son droit à la formation.
- Pôle emploi : simulateur de droits et catalogue des formations conventionnées par région.
- France VAE : portail de la Validation des Acquis de l’Expérience.
- Mon Compte Formation : pour consulter et mobiliser directement son solde CPF.
- Conseils régionaux : sites dédiés aux dispositifs locaux d’aide à la reconversion, aides à la mobilité, financement du matériel, etc.
En conclusion : perdre son emploi pour raison économique bouleverse les certitudes, mais le système français offre de nombreux financements pour reprendre la main. Saisir l’opportunité de se former, c’est écrire la première page de la suite de son parcours professionnel.
Pour découvrir encore plus de ressources concrètes, de témoignages et d’outils pour réussir votre reconversion ou financer votre formation après un licenciement économique, rendez-vous sur formationconcrete.fr : l’essentiel de l’accompagnement et de la formation continue, à portée de clic.