Orientation

Que faire quand on est perdu face à l’orientation ?

Par Maxime
5 minutes

Comprendre la sensation de « dérive » face à l’orientation : une étape normale

Se retrouver à un carrefour de sa scolarité ou de sa vie professionnelle sans savoir quelle direction prendre est une expérience partagée par de nombreux jeunes, étudiants et même adultes en reconversion. Ce sentiment de flottement, mêlé d’incertitude, n’est pas un échec en soi, mais souvent le signe que l’on accorde de l’importance à son avenir. Oser questionner ses choix, même lorsque l’entourage semble sûr du chemin à suivre, est déjà une preuve de maturité.

Plusieurs raisons expliquent que l’orientation apparaisse comme une source d’angoisse : manque d’information, peur de se tromper, pression familiale ou sociale, impression de ne pas avoir de « vocation », ou encore difficulté à se projeter dans des métiers parfois méconnus. Quelques repères et méthodes peuvent permettre de sortir la tête de l’eau et d’avancer, pas à pas, vers une orientation qui fasse sens pour soi.

Prendre le temps de s’interroger sans (trop) de pression

Il est tentant de vouloir trouver LA bonne direction, immédiatement, sous peine de perdre du temps ou de rater sa trajectoire. Pourtant, dans la réalité, rares sont ceux qui tracent une voie rectiligne. Les parcours évoluent, les métiers aussi, et la plupart des adultes racontent que leur orientation s’est faite par essais, erreurs, opportunités, rencontres…

  • Acceptez la période d’incertitude : elle est parfois inconfortable, mais nécessaire pour se poser les bonnes questions.
  • Déculpabilisez : nul n’est condamné à suivre un chemin tout tracé ni obligé de « trouver sa passion » immédiatement.
  • Gardez à l’esprit la réversibilité : beaucoup de choix se révèlent adaptables ou reconfigurables en cours de route.

Apprendre à mieux se connaître : un socle indispensable

L’essentiel de l’orientation n’est pas seulement de sélectionner une filière « porteuse » ou « prestigieuse », mais de construire un projet qui vous ressemble. Pour cela, il est utile d’entamer une démarche d’introspection :

  • Identifiez vos centres d’intérêt : quelles matières, activités, sujets, vous stimulent spontanément ? (lecture, sport, sciences, engagement, bricolage, arts…)
  • Interrogez vos valeurs : recherchez-vous la sécurité, le contact humain, l’indépendance, la créativité, l’utilité sociale, le défi intellectuel… ?
  • Listez vos talents et points d’appui : qualités personnelles, compétences scolaires ou extrascolaires, retours de l’entourage, expériences marquantes.
  • Notez les contraintes à prendre en compte : mobilité, niveau académique, moyens financiers, besoins d’accompagnement spécifique.

Outils pratiques :

  • Tests d’intérêts professionnels (ex : Onisep, CIDJ, Pôle emploi, tests de Holland, questionnaires d’orientation en ligne)
  • Bilan d’orientation ou accompagnement personnalisé proposé par certains établissements ou organismes spécialisés
  • Mind map / carte mentale pour visualiser envies, rêves, contraintes et pistes.

S’informer pour élargir le champ des possibles

L’impression d’être perdu est souvent amplifiée par le manque de connaissance sur la diversité des métiers et des formations. Pour sortir de l’impasse, il faut se donner les moyens d’explorer toutes les options, parfois même les moins connues.

  • Consultez des ressources fiables : sites institutionnels (Onisep, France Compétences, CIDJ), plateformes de témoignages (Parcoursup, Jeunes.gouv, jobteaser, Internet des métiers).
  • Participez aux salons « orientation » et portes ouvertes des établissements pour rencontrer enseignants, étudiants, professionnels et comprendre le quotidien de leurs études.
  • Visionnez des vidéos métiers ou écoutez des podcasts pour appréhender la réalité du travail au-delà des fiches descriptives.
  • Approchez des professionnels : contactez-les via vos réseaux, LinkedIn, ou demandez un « stage découverte » ou un entretien métier pour en apprendre plus sur leur quotidien.

Faire le point avec des personnes neutres et bienveillantes

Il n’est pas toujours évident de prendre du recul seul face à l’orientation. Sollicitez un regard extérieur permet de dépassionner les choix et d’envisager de nouvelles pistes.

  • Interrogez des professeurs principaux, conseillers d’orientation psychologues (COP), référents scolaires.
  • Discutez avec d’anciens élèves ou étudiants de la filière visée, qui partageront leurs impressions et difficultés « vécues ».
  • Allez chercher des outils et ateliers collectifs : ateliers « projet d’orientation », séances de coaching, forums animés par des associations.
  • En famille : posez les questions sans craindre le jugement ; parents ou proches peuvent encourager, éclairer, mais ne décident pas à votre place.

Dédramatiser l’idée de se tromper

L’angoisse de « mal choisir » paralyse souvent plus que l’incertitude elle-même. Pourtant, chaque expérience, même décevante, nourrit la connaissance de soi et du monde professionnel.

  • Reconversion, passerelles, retours en arrière : Il existe de nombreux dispositifs pour réajuster son orientation (réorientation en licence, admissions parallèles, VAE, formation continue, etc.).
  • Valoriser les expériences : une année de césure, un service civique, un stage… peuvent aider à se révéler, à développer des compétences ou à confirmer/invalider un projet.
  • Éviter la comparaison permanente : se référer uniquement au parcours « idéal » des autres peut empêcher d’écouter sa propre voix.
« Après le bac, je me suis inscrit en médecine, un peu par défaut, pensant que c’était prestigieux et sécurisé. Rapidement, je me suis senti perdu, sans motivation. J’ai rencontré une conseillère d’orientation qui m’a aidé à identifier ce qui me plaisait vraiment : les métiers du social. Finalement, j’ai repris une licence et fait des stages en association. C’est ce détour qui m’a permis de trouver ma voie. »

– Maxime, 23 ans

Construire des étapes progressives vers son projet

L’orientation n’est pas obligatoirement un « grand saut » définitif. Plus on découpe le chemin en étapes, plus il devient maîtrisable.

  • Listez un ou deux objectifs à court terme (découvrir un métier, valider une spécialité, réussir un concours…).
  • Mettez en place des actions test : mini-stages, bénévolat, immersion, journée-étude dans une formation.
  • Gardez un plan B, voire C : la capacité à envisager plusieurs options en parallèle rassure et diminue la sensation d’enjeu maximal.
  • Réévaluez régulièrement votre positionnement : ouvrez-vous des créneaux pour faire le point, seul ou accompagné.

Les outils concrets pour imaginer son chemin

  • Plateformes d’orientation et d’information : onisep.fr, terminales2024-2025.fr, parcoursup.fr, francecompetences.fr.
  • Calendrier de l’orientation : repérez les temps forts (inscriptions, forums, deadlines concours) et anticipez vos démarches.
  • Grilles d’auto-évaluation, quiz, tests en ligne : ils servent à ouvrir la réflexion, mais ne doivent jamais être la seule base de décision.
  • Ressources partenaires : CIDJ, associations d’aide à l’insertion, Missions locales pour les jeunes sans solution, Plateforme Info Jeunes.

Quand et comment demander un accompagnement professionnel

Des situations particulières peuvent nécessiter un accompagnement plus soutenu : décrochage scolaire, handicap, difficultés psychologiques, problème d’accès au marché du travail. Il existe alors des dispositifs dédiés.

  • Conseillers d’orientation-psychologues dans les CIO et lycées : ils proposent des entretiens individuels pour structurer la recherche.
  • Conseillers missions locales pour les publics jeunes hors système scolaire.
  • Coaching orientation ou bilans personnalisés auprès d’organismes spécialisés (gratuit ou payant selon situation).

Solliciter un professionnel n’est ni une faiblesse, ni un signe d’incompétence, mais souvent le moyen le plus efficace de se remettre en mouvement.


À retenir pour avancer sereinement

  • L’orientation est un processus, pas une sentence. Prendre le temps, se documenter et tester sont avant tout des signes de responsabilité – et non de procrastination.
  • Il n’y a pas de parcours parfait : chaque détour, chaque essai, participe à la construction d’un projet éclairé.
  • L’accompagnement (pairs, profs, professionnels) et l’appui sur des outils fiables rendent le chemin moins angoissant.
  • Oser l’immersion, oser le changement : pour sortir de l’indécision, rien ne vaut l’expérience concrète et la confrontation au terrain.
  • Multipliez les sources, mais gardez votre cap personnel : les choix d’orientation appartiennent à celui/celle qui les vit, même s’ils s’enrichissent des conseils extérieurs.

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